mardi 11 décembre 2012

Les journalistes s’opposent à la résiliation de la CCT

Suite à la résiliation par les éditeurs de Suisse romande de la convention collective de travail (CCT) dans la presse, les journalistes ont manifesté. A Genève, devant les fenêtres du Temps, à Lausanne au pied de la Tour Tamedia (ex-Edipresse). Une délégation a remis un courrier à Valérie Boagno, présidente de Médias Suisses et directrice du quotidien genevois. La lettre demande aux éditeurs de revenir sur leur décision. Le syndicat impressum-Les journalistes suisses, qui n'a pas été consulté, perçoit la résiliation de la CCT comme une rupture.

Baisse des salaires

Une absence de CCT va entraîner, selon impressum, une pression à la baisse sur les salaires et une diminution inévitable à terme de la qualité des journaux. Les journalistes se sont mobilisés dans toute la Suisse romande.

A Lausanne, ils ont organisé un sit-in au pied de la tour Edipresse. Plus d'une centaine de journalistes ont scandé leur volonté de défendre une presse de qualité et de lutter pour leurs conditions de travail.

La résiliation de la CCT est "une catastrophe dans le climat actuel", a affirmé Dominique Diserens, secrétaire générale d'Impressum au pied de la Tour Tamedia (ex-Edipresse). Il faut faire "revenir" les éditeurs sur leur décision prise sans discussion préalable avec les partenaires sociaux.

Les éditeurs veulent remettre en cause le système des barêmes de salaires. Leur idée, c'est "un salaire d'entrée et, pour la suite, la jungle", a dénoncé Dominique Diserens. Président de l'Union syndicale vaudoise, Olivier Barraud a souligné l'importance de bonnes conditions de travail, indispensables à une presse de qualité.

La CCT, "c'est un joyau qu'il faut soigner" et il ne faut pas avoir peur de se battre. Parfois, il suffit "de soulever la babine" pour que, de l'autre côté, on comprenne qu'il y a un rapport de force, a déclaré Olivier Barraud.

Inclure les plus faibles

Enfin, le journaliste Ludovic Rocchi a jugé qu'il fallait inclure dans la CCT des corps de métier qui sont aujourd'hui "des zones grises qui avancent", comme par exemple les employés de l'infographie ou du web. "Les plus faibles sont à protéger en priorité".

Le journaliste a affirmé que les centres de profit de Tamedia en Suisse romande devaient réaliser 17 millions de francs d'économies ces trois prochaines années. "Le pire est peut-être à venir", a-t-il lancé en craignant des licenciements. Il a rappelé qu'il avait déjà exprimé il y a trois ans sa colère au même endroit face à la centaine de suppressions d'emplois d'Edipresse, groupe qui allait être vendu à Tamedia.

Le soutien d'une délégation syndicale zurichoise

Diverses actions se sont également déroulées dans les locaux du «Nouvelliste», en Valais, dans les rédactions des quotidiens neuchâtelois «L'Express» et de «L'Impartial», ainsi qu'à Fribourg, où est édité «La Liberté». Les journalistes romands ont par ailleurs reçu le soutien d'une délégation syndicale zurichoise.

La CCT de la presse romande est la seule en Suisse à encore tenir debout. Outre-Sarine et au Tessin, les journalistes travaillent sans CCT, celle-ci ayant été résiliée en août 2004. Depuis cette résiliation, les éditeurs refusent toute négociation pour élaborer une nouvelle convention. (ats/Newsnet)

Créé: 11.12.2012, 14h47

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