Dans une grande enquête sur les attentes des Suisses en 2013, les sondés font preuve d’un réalisme résigné en matière d’AVS. A la question de savoir si la Suisse doit elle aussi bientôt modifier l’âge de la retraite, 67,2% sont d’accord, selon le sondage réalisé par l’institut M.I.S. Trend, publié jeudi.
La proportion atteint 70% chez les Alémaniques et 58,5% chez les Romands. Une majorité encore plus nette de 68,1% se dégage pour ne plus vouloir de distinction entre hommes et femmes. Sur ce point, même les plus concernées (65,4%) sont pour.
Interrogés sur l’âge auquel il faudrait fixer le droit à l’AVS, 48,4% des Suisse se prononcent pour 65 ans. Ils sont 8,2% à l’imaginer à 60 ans et près de 10% à 67 ans, une idée qu’avait lancée Pascal Couchepin en 2008.
Mais à la question de savoir à quel âge ils souhaitent partir à la retraite, les réponses ne collent plus au réalisme affiché: 31% rêvent d’une retraite à 60 ans, et seulement 9% sont prêts à travailler au-delà de 65 ans. L’âge idéal serait 63 ans.
Retour des contingents
Sur le thème de l’immigration, les Suisses se montrent désormais anxieux. Alors qu’ils seront confrontés à plusieurs initiatives visant à limiter l’afflux d’étrangers, ils tendent à plaider pour un durcissement.
Trois cinquièmes veulent mettre un frein à l’immigration extra- européenne, cette proportion étant légèrement plus forte, à 63%, outre-Sarine, et nettement supérieure, à 74%, à droite et au centre. Une forte majorité (56,6%) souhaite une réintroduction des contingents pour la main-d’oeuvre européenne peu qualifiée, tandis que 50,2% veut l’imposer même aux qualifiés.
Cette tendance a de quoi inquiéter le Conseil fédéral. Alors que la clause de sauvegarde activée à huit Etats de l’Europe de l’Est en matière de libre circulation des personnes a crispé Bruxelles, les Suisses se montrent carrément favorables à des mesures qui pourraient entraîner la résiliation de tous les accords avec l’UE.
Respecter l’initiative Weber
En matière d’aménagement du territoire, les personnes interrogées gardent le cap de l’initiative Franz Weber: 54,6% plaident pour le respect de la décision populaire du 13 mars dernier. Cette opinion est plus marquée chez les hommes (56,2%), les Alémaniques (55,3%) et la gauche (66,7%).
Mais cette volonté va au-delà du texte de l’écologiste. Deux tiers des Suisses veulent préserver leur paysage en limitant les zones à bâtir. Une faible majorité de Romands (51%) y est aussi favorable, malgré les remous suscités en Valais par la loi sur l’aménagement du territoire combattue le 3 mars prochain en référendum. Il n’y a pas de clivage gauche-droite.
Sur l’initiative Minder, 61% des Suisses ne se sentent pas assez informés. Ce texte sera soumis au peuple également en mars, et contré par un contre-projet indirect. Il vise à renforcer le pouvoir des actionnaires en matière de rémunération des «top managers». L’enquête a été réalisée auprès de 1001 citoyens âgés d’au moins 18 ans dans toute la Suisse. La marge d’erreur est de 3%. (ats/Newsnet)
Créé: 20.12.2012, 11h12
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