A l'instar de Ronald Reagan dans les années 80 aux Etats-Unis, le patron des finances cantonales lucernoises, Marcel Schwerzmann, se félicitait en 2009 de pouvoir enfin proposer aux entreprises les impôts les plus bas de Suisse. «L'idée d'une baisse des impôts est en définitive d'encaisser plus d'argent», avait-il alors promis.
Aujourd'hui, un Lucernois paie 25% d'impôts de moins qu'il y a dix ans. Pour une entreprise, la baisse atteint même 68%. De mi-2008 à mi-2011, le canton a vu se créer 5000 nouvelles entreprises, rapporte lundi le Tages-Anzeiger.
Problème: 45% de celles-ci sont des boîtes-aux-lettres. Elles paient des impôts mais n'occupent personne ou presque. Malgré ce boom, le canton comme la ville de Lucerne se retrouvent, aujourd'hui, à devoir combler de sérieux déficits budgétaires.
Retour de manivelle
Les citoyens de la Ville de Lucerne sont ainsi invités à se rendre aux urnes dimanche prochain pour adopter sur une majoration de 3% de leurs impôts. S'ils acceptent, la ville limitera son plan d'économies à 4 millions de francs pour 2013. S'ils refusent, les coupes atteindront 15 millions.
Celles-ci feront mal, car elles s'ajouteront à quatre paquets d'économies déjà réalisés pour un volume de 45 millions de francs. Le cas échéant, les aides à la culture seront réduites de 2,5 millions, alors que le prestigieux Centre culture et de congrès KKL est déjà notoirement déficitaire.
Et ce n'est pas tout. Les cours de natations seront supprimés dans les écoles primaires. Les aides pour la garde des enfants et celles à la jeunesse seront réduites. Des arrêts de bus seront supprimés. Le prix des parking sera augmenté. Même les taxes d'ensevelissement prendront l'ascenseur.
La capitale cantonale n'est pas seule concernée. D'autres communes comme Krienz sont confrontées à une augmentation de leur endettement et à des budgets déficitaires.
Même le canton de Lucerne et son ministre des Finances Marcel Schwerzmann doivent serrer les cordons de la bourse. Les économies prévues à l'échelon cantonal toucheront l'an prochain l'enseignement, avec à la clé des pertes d'emplois, la fermeture d'établissements scolaires et une hausse des taxes scolaires pour les gymnasiens.
Le «naufrage grandiose» de St-Gall
Comme Lucerne, le Canton de St-Gall fait face aujourd'hui à un gros trou budgétaire. Les trois réductions d'impôts adoptées entre 2006 et 2009 ont entraîné un recul de près de 550 millions de francs de ses recettes fiscales.
Le canton du nord-est de la Suisse passe lui aussi ses comptes au crayon rouge. En 2013, ses coupes toucheront surtout la formation, la santé, la police et la culture. Devant les manifestations des enseignants, du personnel soignant, des policiers et des fonctionnaires, le Parlement a renoncé à couper les salaires de la fonction publique de 1,5%.
Du coup, le canton pense devoir économiser 100 millions de francs, selon les chiffres rapportés au Tagi. Il est question aussi d'augmenter une nouvelle fois les impôts, comme déjà en 2012.
Le taux d'imposition de St-Gall repasserait ainsi à 115% et reviendrait à son niveau de 2007. Le Vert Guido Wick, membre du Parlement cantonal, parle d'un «naufrage grandiose», d'autant plus que «les grosses fortunes et hauts devenus seraient épargnés» par les hausses fiscales, de même que la construction de routes au niveau des économies. (Newsnet)
Créé: 10.12.2012, 17h18
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