La France légifère
Avec son interpellation, Adèle Thorens veut prendre la température. «Je demande de la transparence: qu’avons-nous vraiment dans notre assiette? Ensuite, il faut pouvoir justifier le prix que l’on paie au restaurant. Les plats industriels sont souvent truffés d’additifs et, enfin, il y a le problème de l’uniformisation des goûts.»
Cuisinier contre micro-ondes
En France, le Sénat est en train de légiférer sur la question. Il compte agir notamment par l’introduction de titres distinctifs ou de labels. En Suisse, de telles idées avaient été discutées en 2006, entre la branche et les associations de consommateurs. Mais le dialogue a tourné court. «Les discussions ont échoué par refus de GastroSuisse, indique Mathieu Fleury, de la FRC. Nous ne sommes pas arrivés à une solution. Pourtant, on peut penser qu’une différenciation entre ceux qui cuisinent et les autres serait positive. C’est mieux de savoir si on a affaire à un cuisinier ou à un micro-ondes.» Pour le secrétaire général de la Fédération romande des consommateurs, tout n’est pas perdu. Il estime que l’interpellation d’Adèle Thorens pourrait relancer la machine. «Nous ne critiquons pas la cuisine industrielle. Il permet aussi un gain de temps et d’argent pour le consommateur. Mais nous demandons la transparence. Ouvrir un sachet ne demande ni le même effort, ni le même prix que cuisiner!» ajoute-t-il.
De la transparence, oui. Mais pas question de s’immiscer dans les cuisines, pour le conseiller national Dominique de Buman (PDC/FR). «Je ne crois pas que le taux de 80% de plats industriels passés dans les restaurants français soit identique chez nous. Il y a un énorme travail fourni à l’interne. A mon sens, la gouvernance de la branche pourrait inviter ses membres à bien informer leurs clients, à l’instar des déclarations d’origine pour la viande et le poisson. Mais il serait inopportun d’obliger le restaurateur.»
Pour Adèle Thorens aussi, une solution de branche serait la plus adéquate. Mais la Verte ira plus loin si GastroSuisse ne bouge pas. «On peut aussi imaginer d’introduire de nouvelles prescriptions sur le mode d’élaboration des plats, sans même devoir modifier la loi.» Contactée, GastroSuisse n’a pas répondu à nos questions hier. La balle est désormais clairement dans son camp. (Le Matin)
Créé: 11.12.2012, 07h23
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