vendredi 11 janvier 2013

30 femmes enfin nommées au Conseil consultatif

Le roi Abdallah d'Arabie saoudite a nommé vendredi 30 Saoudiennes au Conseil consultatif, une première dans le royaume ultra-conservateur où les femmes restent sous la tutelle des hommes. Parmi elles figure Thuraya Obaïd, ex-secrétaire générale adjointe de l'ONU. Les autres femmes choisies pour cette instance, dont deux princesses, sont en majorité des universitaires ou des militantes de la société civile.

Elles sont «la crème de la crème des Saoudiennes», a affirmé à l'AFP la romancière saoudienne Badria al-Bichr. «C'est une bonne surprise et une promesse de tenue», a-t-elle ajouté, relevant la «détermination du roi à mettre la femme sur le devant de la scène» et espérant «l'octroi d'autres droits aux Saoudiennes».

Réformateur prudent

Le roi Abdallah, qualifié de réformateur prudent dans un royaume où l'establishment religieux ultra-conservateur et généralement hostile au droit des femmes, garde une grande influence sur la vie publique, avait promis le 25 septembre 2011 de faire entrer les femmes au Conseil consultatif.

Il avait alors déclaré avoir «décidé que les femmes pourront participer au Conseil consultatif en tant que membres, à compter du prochain mandat», avant de s'élever contre «la marginalisation» des femmes et de prôner «une modernisation équilibrée» de la société saoudienne.

A la même date, le souverain avait octroyé aux Saoudiennes le droit de vote aux municipales mais seulement à partir de 2015, conformément à sa démarche à la fois prudente et graduelle.

Conseiller le gouvernement

Le Conseil législatif, constitué de 150 membres, n'a pas le droit de légiférer et se contente de conseiller le gouvernement sur les politiques générales du pays. Il illustre néanmoins une volonté de faire participer les élites saoudiennes au processus de prise de décision, qui se trouve entre les mains de la famille royale.

Le statut des Saoudiennes reste en deçà des standards internationaux. Il est régi par une interprétation rigoriste de l'islam qui leur impose de sortir voilées et leur refuse le droit de conduire une voiture ou de voyager à l'étranger sans l'autorisation d'un tuteur.

La mixité reste interdite dans l'enseignement et au travail. Les rares tentatives de passer outre cet interdit sont farouchement combattues par les dignitaires religieux conservateurs.

Pourtant, les Saoudiennes sont de plus en plus scolarisées et certaines font des études très poussées dans les universités locales ou à l'étranger.

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