Et frauder les urnes, est-ce fair-play?
● Ignorez-vous qu’il est interdit d’enregistrer quelqu’un à son insu?
Bien sûr que non. Mais la procureure a reconnu mon état de nécessité. L’intérêt de découvrir la vérité prime sur le reste.
● Comment pouvez-vous prétendre avoir la jurisprudence de votre côté?
Prenez l’affaire Gaon: l’enregistrement «illicite» avait été admis car il avait servi à prouver une infraction et l’auteur a été blanchi.
● Les citoyens enregistrés se sont rétractés: êtes-vous un manipulateur?
C’est le scénario imaginé par Thomas Schaffter qui a distribué les rôles: lui, c’est le gentil, moi, je suis le méchant. Je dois faire avec. Mais la procureure ne m’a inculpé de rien: si je l’étais, elle n’aurait pas hésité.
● Vous avez transmis ces enregistrements à la justice. Pourquoi?
J’ai fait parvenir une lettre d’aveux au Service des communes qui l’a transmise au gouvernement qui a décidé de saisir la justice. L’avocat de la commune a profité d’une audience administrative pour jeter mon nom en pâture. On m’a accusé ensuite d’avoir «extorqué» des aveux sous la contrainte. Tout se met dès lors en place: on me menace, on s’en prend à mes amis, on écrit des lettres, on me calomnie sur le Net. Je n’avais d’autre choix que de livrer à la justice ce qui n’était que des notes enregistrées sur mon iPhone, que je n’avais pas l’intention de divulguer, sauf en cas d’absolue nécessité. J’ai effectué ces enregistrements pour me protéger compte tenu du contexte explosif et démontrer que je n’ai pas forcé ces témoins à parler.
● Vous êtes journaliste, pourquoi ne rien voir écrit sur les prétendues fraudes électorales?
C’était trop gros pour moi. Je n’ai pas les moyens de la justice pour tout vérifier, à commencer par les bulletins de vote. Le citoyen l’a emporté sur le journaliste.
● Avez-vous des comptes à régler avec le maire élu Thomas Schaffter?
Je ne suis pas dans cet état d’esprit. C’est lui qui a déclenché les hostilités en m’attaquant. Je le considère désormais comme un adversaire, pas comme un ennemi. Je le mets ici au défi de m’affronter dans un débat public. Chacun pourra alors se faire son idée.
● Si je vous dis que j’ai enregistré notre conversation, que me répondez-vous?
No problem. J’assume ce que je dis. Moi, je ne me rétracte pas. (Le Matin)
Créé: 18.01.2013, 11h24
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