Il est soupçonné d'avoir oeuvré avec Ziad Takieddine, un intermédiaire franco-libanais, au détournement de commissions légales convenues en marge de la vente de sous-marins au Pakistan et de frégates à l'Arabie saoudite dans les années 1990.
Le juge Van Ruymbeke travaille avec son collègue Roger le Loire sur l'hypothèse de commissions versées en marge de ces contrats ayant donné lieu à des rétrocommissions pour financer la campagne présidentielle d'Edouard Balladur en 1995.
Mis en examen dans ce dossier, M. el-Assir a été interrogé les 6 et 7 novembre à Genève, dans le bureau du procureur Jean-Bernard Schmid, en présence de M. Van Ruymbeke et de ses avocats, a indiqué mercredi à l'ats la porte-parole du ministère public genevois Sophie Bernard.
Retraits en liquide
Selon des extraits du procès-verbal de l'interrogatoire publiés par «Le Temps», M. el-Assir revendique un rôle actif dans la signature des contrats. Il indique également que des retraits en liquide ont été effectués et remis selon ses intructions par la banque à M. Takieddine. Il s'agit de sa part sur les commissions, indique M. el-Assir, qui nie avoir eu connaissance de l'existence de rétrocommissions.
Ces informations ont été confirmées mercredi à l'ats par son avocat genevois Me Pascal Maurer, présent lors l'interrogatoire.
De son côté, M. Takieddine, interrogé à de multiples reprises, met en cause son ancien ami et nie catégoriquement les manoeuvres frauduleuses autour de retraits d'argent en liquide qui lui ont valu une double inculpation.
Attentat
Le juge Van Ruymbeke a découvert des retraits d'espèces importants en Suisse, sur des comptes semblant liés aux contrats d'armement français, à des périodes correspondant à l'arrivée massive d'argent sur les comptes de la campagne présidentielle de 1995 d'Edouard Balladur.
Dans ce dossier des rétrocommissions pakistanaises, la justice française s'interroge aussi sur un lien éventuel avec un attentat en mai 2002 à Karachi, dans lequel 15 personnes, dont 11 Français, ont été tuées. Une hypothèse est que l'arrêt à partir de 1995 du versement de commissions liées au contrat d'armement aurait déclenché des représailles et serait à l'origine de l'attentat.
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