C’est peu dire que le conseiller national genevois (PS) dénonce cette signature avec véhémence: «Dans les faits, la Suisse est en train de renforcer sa coopération militaire avec Israël. Alors que le régime au pouvoir dans ce pays foule au pied les droits de l’homme, viole la Convention de Genève et pratique un régime d’apartheid envers les Arabes israéliens. Cela même l’ex-président américain Jimmy Carter le dit!»
D’allure très ordinaire
Le document, de deux pages publiés sur le site du Département fédéral de la défense (DDPS), est pourtant d’allure très ordinaire. D’une part, il y est question du renouvellement des relations actuelles, mais aussi du renforcement de la coopération entre les deux ministères de la Défense qui pourra pendre plusieurs formes.
Entre autres: échanges d’expériences entre spécialistes des deux départements militaires, d’informations scientifiques et d’informations concernant le matériel et autres questions techniques. La communication officielle du DDPS dit pourtant qu’il n’est pas prévu d’étendre la collaboration entre les armées suisse et israélienne.
Informations classifiées?
Le tollé des parlementaires de gauche, à l’instar de celui de Carlo Sommaruga, concerne justement ce qui se cache derrière des termes génériques comme «échange d’informations scientifiques ou concernant le matériel». D’autant que Suisse et Israël ont conclu le 2 février 2012 un autre accord: celui sur «les informations classifiées». Ce véritable traité international bilatéral, non publié au registre officiel, règle les modalités des contenus des accords à venir: secret, top secret ou confidentiel.
«Tout est en place pour une collaboration militaire renforcée sans qu’on puisse réellement connaître totalement sa nature et son importance», s’insurge Carlo Sommaruga. Le fait que le ministre de la Défense signataire de l'accord soit Ehoud Barak, un des faucons de guerre d'Israël, que certains dans les milieux de gauche rêvent de déférer devant la Cour pénale internationale n’arrange rien à l’affaire.
Comme avec l'Afrique du Sud de l'apartheid
Pour Carlo Sommaruga, la Suisse ne devrait s’engager avec Israël que dans une relation tripartite dans laquelle elle intégrerait la Palestine.
«L’automne dernier, le soutien de la Suisse à la Palestine pour qu’elle accède au statut d’observateur à l’ONU est un trompe-l’œil. Dans les faits, nous ne sommes pas neutres et poursuivons une claire collaboration avec les autorités israéliennes. Comme nous le faisions avec l’Afrique du Sud dans les années septante et huitante, nous favorisons un régime pro-apartheid», s’insurge Carlo Sommaruga.
Et l’élu genevois de critiquer la fascination des politiciens de droite pour les régimes autoritaires. «On a soutenu le gouvernement raciste d’Afrique du Sud sous prétexte qu’il était un rempart au dangereux communisme de l’ANC de Mandela. Aujourd’hui, sous l’impulsion de l’UDC, on défend Israël comme s’il était le rempart de la civilisation judéo-chrétienne face à la menace de l’islam», dénonce Carlo Sommaruga. (Newsnet)
Créé: 25.01.2013, 07h34
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