jeudi 24 janvier 2013

On dirait Naples, mais c'est Lausanne!

Depuis le 1er janvier, les dépôts non conformes s’accumulent dans les rues lausannoises. Grogne et incompréhension. Depuis l’introduction de la taxe au sac à Lausanne, des tas d’ordures jonchent les trottoirs. Et les habitants goûtent peu à cette gabegie. Raison: les dépôts non conformes ne sont plus enlevés et traînent dans les rues. «C’est dégoûtant, lance Sophie Ruggiero, une jeune mère de famille. Les tas d’ordures grossissent. On se croirait en pleine grève des déchets à Naples.» Svenja Wakim, une autre maman lausannoise, est aussi très remontée par le phénomène. «Je n’ai jamais vu ça. J’ai l’impression d’avoir une déchetterie devant ma porte, réagit-elle. Ce n’est plus possible de laisser le trottoir comme cela. C’est répugnant et pas du tout hygiénique.»

Ce qui exaspère les deux mamans, ce n’est pas le principe du pollueur payeur rentré en vigueur le 1er janvier et qui rend obligatoire l’utilisation de sacs taxés dans de nombreuses communes vaudoises, mais l’abandon de sacs-poubelle non conformes. «Tout le monde doit faire sa part en faveur de l’environnement, note Svenja Wakim. Je trie mes déchets, j’utilise les sacs conformes et moi et mes enfants devons subir ce spectacle.» Sophie Ruggiero partage ce sentiment d’injustice. «Nous respectons le règlement et mettons la main au porte-monnaie en achetant ces nouveaux sacs et notre récompense est de nous retrouver avec des rues beaucoup plus sales qu’avant. On a l’impression d’être de stupides vaches à lait.» Pour la jeune femme, la solution est simple: «Les autorités doivent identifier les contrevenants et les amender. Et surtout nous débarrasser de ces ordures.»

Une mesure pédagogique

Si les tas de sacs non conformes n’ont pas été ramassés, c’est en partie pour marquer les esprits. «Il avait été décidé que nous agirions de la sorte dans la phase d’introduction, explique le syndic Daniel Brélaz. Ceux qui font n’importe quoi et leur entourage immédiat sont ainsi sensibilisés aux conséquences de leurs actes.» Et l’élu de rappeler que c’est au pied des immeubles où un ou plusieurs locataires n’ont pas respecté le nouveau règlement que les déchets n’ont pas été ramassés.

Pour sa part, Olivier Français, municipal des Travaux a reconnu hier que les services de la voirie étaient surchargés. «Nous avons 200 kilomètres de rues à gérer, a-t-il indiqué. Il est très difficile d’être partout.» Le municipal admet toutefois que «des ordures qui restent trois semaines dans la rue, ce n’est pas acceptable». Tout en précisant, que, grâce au froid qui règne actuellement, les risques en termes d’hygiène sont quasi inexistants. «Si nous avions eu connaissance d’un danger quelconque, nous serions intervenus immédiatement.»

Alors que plus de 700 sacs non conformes ont été ramassés jusqu’ici, la Municipalité affirme que le temps des avertissements est terminé. Désormais, les contrevenants recevront une amende d’un montant de 370 fr. pour la première infraction. Une première dénonciation a été transmise hier et 300 autres contrevenants ont d’ores déjà été identifiés. Quant aux déchets qui traînent dans les rues, une grande opération de nettoyage débute aujourd’hui. Elle se fera au frais de la collectivité. «La grande majorité des Lausannois sont de véritables écocitoyens, explique Olivier Français. Seule une minorité ne suit pas les règles. Malheureusement, elle coûte très cher à tout le monde.» (Le Matin)

Créé: 25.01.2013, 07h45

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