Guerre des chiffres faite pour durer
Cette guerre des chiffres était à prévoir. La révision de la loi sur l’aménagement du territoire vise en effet, pour préserver le paysage, à limiter les possibilités de construction et densifier l’habitat là où il se trouve. Ainsi, les cantons qui disposent aujourd’hui de zones à bâtir trop grandes pour leur développement dans les 15 ans à venir devront les déclasser. En toile de fond, il y a l’enjeu financier : un terrain en zone à bâtir a plus de valeur qu’une terre agricole. Pour savoir l’étendue des hectares qui devraient être dézonés, l’USAM a produit une carte. Celle-ci se base sur des chiffres que l’Union suisse des arts et métiers attribue à l’administration fédérale. Lundi, face à la presse, la ministre Doris Leuthard et les fonctionnaires fédéraux présents ont affirmé que ces données datant de 2008 et 2007 n’étaient plus d’actualité et ont prié de les manier avec la plus extrême prudence. Selon la conseillère fédérale, il appartiendra aux cantons de se mettre d’accord sur une manière de calculer les besoins sur 15 ans.
A qui profite le crime ?
En intervenant en pleine conférence de presse, quel était l’objectif des experts de l’ARE ? « Nous n’avons pas de stratégie, encore moins dictée par Madame Leuthard. Nous voulions rétablir la vérité. Les chiffres utilisés sont faux. Ils disent par exemple que Zurich ou Genève ont trop de zones à bâtir par rapport à leur développement démographique. C’est insensé! », assure Rudolf Menzi, responsable du service d’information de l’office. En face, l’USAM fait aussi des choux gras de l’altercation. « Pour nous, cela montre bien que cette révision est un cirque ! On ne peut pas travailler avec des chiffres aussi incertains. Cela montre que la loi serait difficilement applicable», affirme-t-elle. (Le Matin)
Créé: 11.01.2013, 09h27
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