On recherche une veste bleue!
L’accident est survenu à Thyon 2000, le 30 décembre vers 13 h. La jeune fille et son frère Thomas entament la dernière descente avant la pause-déjeuner. «Nous nous trouvions à un croisement de pistes. Je n’ai rien vu venir et me suis retrouvée à terre, explique-t-elle. J’ai crié: «Ma jambe!» J’avais très mal. Le gars s’est arrêté, m’a regardée. Et puis sans dire un mot il est parti.»
Sur place, Thomas hésite à pourchasser celui qui fuit lâchement. Il décide de rester auprès de sa sœur et d’alerter les secours. Charly Calfelis est vert de rage. Celui qui a animé pendant six ans «Monsieur Route», une émission de prévention routière sur la chaîne de télévision genevoise Léman Bleu, a de la peine à accepter le «délit de fuite». «Si c’étaient encore des adolescents, je pourrais vaguement comprendre. Mais un type d’une cinquantaine d’années, non!» Son signalement? Une veste bleu nuit et un pantalon de ski blanc. Autant dire que l’homme sera difficile à retrouver. Après mûre réflexion, le père de Marina a décidé de porter plainte contre inconnu pour lésions corporelles: «Je ne sais pas si cela donnera quelque chose mais c’est aussi une mesure de prévention. Peut-être que cela en fera réfléchir certains!»
Les pistes de ski sont-elles devenues des «boulevards du crime»? Charly Calfelis évoque quatre ou cinq cas par semaine dans le secteur de Thyon, «d’après ce que l’on m’a dit après l’accident». Un chiffre difficile à vérifier, aucune statistique n’existant sur le sujet. Actuel procureur général adjoint du Valais, Nicolas Dubuis ne peut pas donner de tendance: «On recense les lésions corporelles mais sans spécifier si elles ont été causées sur une piste de ski ou ailleurs.» Et le magistrat, futur procureur général, de rappeler que les victimes ont trois mois à compter des faits pour actionner la justice. Paul-Victor Amaudruz, chef sécurité des pistes de Téléverbier, dit ne pas être confronté quotidiennement à des délits de fuite. «Je ne dis pas que cela n’arrive pas mais c’est assez rare. Dans le fond, les skieurs les plus dangereux sont ceux qui maîtrisent le moins bien ce sport.» «Peu de sportifs savent qu’ils doivent prévoir une distance de réaction de 12 mètres lorsqu’ils descendent à 50 km/h», relève-t-on à la Suva.
La police des pistes
Mais que peut-on faire pour stopper ces «chauffards» des neiges? Instaurer des patrouilles de police en altitude comme cela existe dans le Val d’Aoste? On n’en est de loin pas encore là, la Suisse préférant miser sur la prévention. «Dans notre pays, ce sont les sociétés de remontées mécaniques qui doivent gérer leurs domaines. Il y a très peu d’interventions policières», remarque Jean-Marie Bornet, chef d’information à la police valaisanne. «En cas de comportement inadapté, nous pouvons retirer les abonnements et, le cas échéant, dénoncer ces gens à la justice», ajoute Paul-Victor Amaudruz.
Une bonne nouvelle tout de même: la vitesse moyenne sur les pistes est passée de 31 km/h à 26 km/h au cours de l’hiver 2010-2011! (Le Matin)
Créé: 14.01.2013, 08h28
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