mardi 15 janvier 2013

«Un droit à l’oubli pour les condamnés aussi»

par Olivia Fuchs/ats - Un avant-projet de loi vise à informer les victimes du suivi de leur agresseur. Des avocats s’insurgent.«Informer la victime des étapes du parcours de son agresseur compromet sa réinsertion. Il y a un droit à l’oubli pour la victime mais aussi pour le condamné.» Pour l’avocate genevoise Yaël Hayat, la modification du Code pénal élaboré par la commission des affaires juridiques du National «s’inscrit en marge de l’esprit de la loi. J’espère vivement que cet avant-projet sera rejeté. Il ne fait que renforcer le système victimaire en bafouant les intérêts de tous.» Un point de vue que partage le bâtonnier de l’Ordre des avocats genevois. En octobre dernier, François Canonica avait qualifié ce projet de «honteux racolage populiste» dans «Le Matin».

Des positions qui tranchent en regard des avis positifs des partis consultés à Berne. La proposition fait en effet l’unanimité, à l’exception des Verts. Le parti estime que des renseignements quasi systématiques risquent de poser des problèmes de resocialisation au condamné libéré.

Pour l’organisation d’aide aux victimes Der Weisse Ring, en revanche, «il est important de savoir où travaille l’auteur quand il est mis en liberté conditionnelle». En juin 2011, l’évasion d’un assassin et violeur bernois de la prison neuchâteloise de Gorgier avait défrayé la chronique. Le fait que n’aient pas été informées les victimes de cet homme jugé dangereux avait fait l’objet de longs débats dans la presse.

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