«Leurs résultats au test de réactivité sont nettement moins bons et plus lents que ceux des personnes qui avaient fumé un placebo», ajoute le spécialiste. L'étude menée par le CURML, le CHUV et l'Université de Fribourg a porté sur 31 jeunes hommes, fumeurs occasionnels de cannabis.
Certains ont reçu un joint normalement dosé, d'autres un placebo sans THC. Avant et après, ils ont été soumis à un test sur ordinateur reproduisant des tâches similaires à la conduite en virages et à l'évitement d'obstacles. Pendant ce temps, leur activité cérébrale était mesurée par IRM.
Résultats: chez ceux qui avaient fumé du cannabis, certaines régions cérébrales étaient moins actives que dans le groupe placebo, comme l'écrivent les chercheurs dans la revue «PLOS ONE». Or «ce sont ces régions cérébrales qui normalement perçoivent et gèrent les évènements surprenants, induisant une réaction correcte», relève Philippe Maeder, du CHUV, co-auteur de ces travaux.
Fixés sur eux-mêmes
Une autre modification de l'activité cérébrale indiquait que les fumeurs étaient plus fixés sur eux-mêmes. «Ces personnes semblent accorder plus d'attention à eux-mêmes qu'à la tâche qui leur est confiée», écrivent les chercheurs. Leur conclusion: les personnes conduisant sous cannabis sont dangereuses même aux très faibles doses de THC utilisées dans le cadre de cette étude.
«Nos recherches ne concernent pas une éventuelle légalisation du cannabis», précise M. Giroud. «Elles confirment que la tolérance zéro pour le THC au volant actuellement pratiquée en Suisse est justifiée». Et qu'elle devrait être maintenue en cas de légalisation.
Les chercheurs lausannois entendent maintenant étudier la question de savoir si les structures cérébrales se modifient à long terme chez les gros fumeurs de chanvre.
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