Selon les autorités pakistanaises, le parquet genevois a rappelé que le chef de l'Etat bénéficie de l'immunité.
La Cour suprême du Pakistan avait contraint à l'automne le gouvernement d'Islamabad à écrire une lettre aux autorités suisses pour leur demander d'évaluer à nouveau le dossier de Asif Ali Zardari.
Une longue saga politico-judiciaire
Les Suisses «ont répondu à la lettre et indiqué que le président jouissait de l'immunité», a précisé le plus haut fonctionnaire au ministère pakistanais de la Justice, Yasmin Abbasey. Ce scénario confirme la position du gouvernement pakistanais qui insiste de longue date sur l'immunité du président Zardari dans cette longue saga politico-judiciaire.
Lorsque la Cour suprême avait demandé au gouvernement de contacter la Suisse, le procureur général de Genève à l'époque, Daniel Zappelli, expliquait déjà que l'«immunité personnelle absolue» qui protège les chefs d'Etat mettait à l'abri Asif Ali Zardari de toute poursuite. «S'ils ne lèvent pas l'immunité (au Pakistan), il est impossible de procéder» et de rouvrir le dossier, précisait-il.
Le plus haut tribunal au Pakistan, engagé dans un bras de fer avec le gouvernement, presse depuis décembre 2009 le pouvoir civil de demander à la Suisse de rouvrir d'anciennes procédures contre M. Zardari, poursuivi dans ce pays pour des détournements présumés de fonds publics de l'ordre de 12 millions de dollars en compagnie de son épouse Benazir Bhutto dans les années 1990.
Elections attendues
Le premier ministre Yousuf Raza Gilani avait été destitué en juin dernier par la Cour suprême pour avoir refusé de demander aux autorités suisses la réouverture des procédures contre le président Zardari.
Son successeur Raja Pervez Ashraf avait finalement écrit à l'automne aux autorités helvètes, mais en faisant valoir que Asif Ali Zardari Zardari jouissait de l'immunité présidentielle.
Cette annonce par le haut fonctionnaire du ministère pakistanais de la justice est intervenue à l'approche d'élections générales prévues d'ici la mi-mai au Pakistan, pays abonné aux coups d'Etat qui n'a jamais vu un gouvernement civil terminer son mandat de cinq ans. D'où l'importance de ce scrutin pour la consolidation de la démocratie dans ce géant musulman de 180 millions d'habitants. (ats/Newsnet)
Créé: 10.02.2013, 14h02
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