dimanche 17 février 2013

Le parachute doré de Vasella est «nuisible»

La conseillère fédérale Simonetta Sommaruga est stupéfaite par l'indemnité de départ de 72 millions de francs de Daniel Vasella, président démissionnaire de Novartis.«C'est très nuisible pour la cohésion sociale dans notre pays», a déclaré la ministre de la justice dans une interview au «Sonntagsblick». Personnellement, la socialiste est très inquiète sur cette question. Cette «mentalité de self-service» ébranle la confiance dans toute l'économie, estime-t-elle.

Interrogée sur les conséquences de l'annonce de l'indemnité de départ de Daniel Vasella sur la votation sur l'initiative populaire «contre les rémunérations abusive», Simonetta Sommaruga répond: si le peuple suisse accepte le texte le 3 mars, «tous les managers qui ont perdu toute mesure en seront responsables».

Mais elle n'est pas sûre qu'un «oui» dans les urnes puisse faire disparaître de telles indemnités supplémentaires aux managers. Si l'argent que touchera Daniel Vasella vise effectivement à l'empêcher de travailler pour la concurrence, ni l'initiative, ni le contre-projet indirect élaboré par le Parlement ne pourront y remédier, selon la conseillère fédérale.

Par contre, s'il s'agit d'une «indemnité à raison de longs rapports de travail cachée», elle ne serait plus possible en cas de «oui» le 3 mars. Avec le contre-projet, deux tiers des actionnaires devraient accepter une telle indemnisation, indique Simonetta Sommaruga.

Actares refusera la décharge à Novartis

Actares refusera d'accorder la décharge à Novartis lors de l'assemblée générale de vendredi prochain. L'actionnariat pour une économie durable souhaite donner un signal clair au conseil d'administration du géant pharmaceutique, suite au tollé suscité par l'indemnité de départ de Daniel Vasella.

Même si les actionnaires ne votent pas directement sur ce contrat de non-concurrence qui alloue 72 millions de francs au président démissionnaire de Novartis, «le refus de la décharge signifie que l'assemblée générale n'assume pas les décisions du Conseil d'administration et qu'elle se réserve le droit d'attaquer ce dernier en justice», a précisé dimanche à l'ats le directeur d'Actares, Roby Tschopp.

Cette information a de plus été divulguée «par hasard ou par une indiscretion», ce qui est scandaleux, estime M. Tschopp. Les actionnaires devraient être informés avant de se prononcer sur une décharge. «Nous sommes vraiment très fâchés».

Et M. Tschopp de poursuivre: certains actionnaires se sont de surcroît peut-être déjà prononcés sur la décharge en donnant leurs instructions de vote et «qui ne peuvent plus la reprendre», alors qu'ils n'avaient pas connaissance d'un tel contrat.

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