mercredi 20 février 2013

Lolita Morena: «Ces bourreaux doivent être jugés»

Membre du comité de la Protection suisse des animaux, Lolita Morena condamne l’immobilisme des autorités cantonales qui rechignent à sanctionner les propriétaires négligents. «Ça m’est insupportable!» Membre du comité central de la Protection suisse sur les animaux (PSA), Lolita Morena réagit face aux exemples de mauvais traitements dont «Le Matin» s’est fait l’écho lundi. Des chiens tellement mal nourris qu’ils finissent par se manger entre eux, 286 bêtes retrouvées dans une villa insalubre, sans oublier les dizaines de cas annuels de bêtes persécutées par leurs maîtres à coups de colliers électriques ou à pointes. Une réalité tristement connue des défenseurs des animaux.

«Moralement inacceptable»

«Les auteurs de telles atrocités sont des criminels; ils doivent être jugés et punis en conséquence», poursuit la Neuchâteloise de 52 ans. «On ne compte plus les psychopathes qui ont commencé par maltraiter des animaux avant de s’en prendre aux hommes…» A ses yeux, le nombre d’instructions pénales ouvertes chaque année pour mauvais traitements (voir infographie) n’est que la pointe de l’iceberg. Surtout lorsque l’on sait que le Valais – son canton d’adoption depuis 1996 – n’enregistre en moyenne qu’une plainte par année. «Ce chiffre est dérisoire; et pourtant ce n’est pas la maltraitance qui manque!» Ne serait-ce qu’en ne considérant que les animaux de rente. «On paie des milliards de subventions à l’agriculture pour que certains maltraitent les animaux. C’est moralement inacceptable!»

Car pour qu’une affaire de mauvais traitements finisse sur le bureau d’un procureur, le vétérinaire cantonal doit d’abord donner son feu vert. «Les autorités infligent davantage d’amendes pour des véhicules mal garés; c’est pourtant moins grave que de maltraiter un être vivant!» reprend Lolita Morena.

Des cas non dénoncés

«La sensibilité des offices s’est développée, mais il y a effectivement toujours des cas qui ne sont pas dénoncés», répond Rolf Hanimann, président de l’Association suisse des vétérinaires cantonaux (ASVC). «Ce n’est pas une condamnation pénale qui va améliorer le sort de ces animaux. Nous préférons les décisions administratives, telles que l’interdiction de détention ou le placement d’un animal.»

Un point de vue en partie partagé par la Neuchâteloise. «Avoir la loi sur la protection des animaux la plus sévère du monde ne sert à rien si elle n’est pas appliquée.» Et de citer l’exemple de l’Italie – son pays d’origine –, où les coupables finissent fréquemment en prison, et où les animaux ont le droit de recourir contre une décision judiciaire, par l’entremise d’une SPA.

Il semble loin, le temps des 100'000 signatures récoltées en 2007 pour l’initiative «Contre les mauvais traitements envers les animaux», qui prévoyait l’intervention d’un avocat pour défendre les victimes animales. Le texte avait été balayé en votation populaire trois ans plus tard. (Le Matin)

Créé: 20.02.2013, 12h24

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