dimanche 10 février 2013

Pro Juventute veut inscrire Facebook au programme

La fondation qui défend la jeunesse veut faire de l'enseignement des réseaux sociaux une branche à part entière à l'école. Des cours sur les réseaux sociaux doivent être donnés à l'école. L'organisation faîtière des enseignants tire la sonnette d'alarme. «La formation aux médias est aussi importante aujourd'hui que la lecture et l'écriture»», explique son président Beat Zemp dans le Sonntagsblick. Dans le «Programme d'enseignement 21» en phase de consultation, le pendant alémanique du Plan d'études romand (PER), l'environnement des nouveaux médias doit être inscrit comme un objectif clair. «Les nouveaux médias doivent être traités dans le cadre de la classe», argumente M. Zemp. Selon ce dernier, il appartient aux enseignants de faire part des dangers potentiels en relation avec des réseaux sociaux comme Facebook. «Par exemple, détaille M. Zemp, les élèves doivent savoir quelles informations ils peuvent partager sans problème sur le net ou pourquoi il est problématique de transmettre des photos de soi, numéros de téléphone ou des adresses lors d'une discussion en ligne». Il milite aussi pour apprendre aux enfants qu'on ne peut pas s'insulter sans risque de sanctions pénales.

Branche à part entière

Pro Juventute va encore plus loin. «Nous exigeons l'enseignement des médias en tant que matière scolaire distincte dans les plus brefs délais», explique Laurent Sedano, spécialiste des médias au sein de l'organisation de la défense de la jeunesse en Suisse. Selon lui, des simples objectifs généraux d'apprentissage des réseaux sociaux ne suffisent pas. Ces craintes sont partagées par Beat Döbeli Honegger, Professeur d'éducation aux médias à la Haute Ecole de Schwytz. «Le programme d'enseignement 21 n'a certes pas encore été publié. Mais jusqu'ici, il n'y aucune mention écrite d'effet contraignant». Il redoute qu'en laissant le soin aux enseignants d'intégrer ce thème dans les leçons ordinaires, seuls ceux intéressés aux médias sociaux le feront. «Ce n'est tout simplement pas acceptable quand on remarque l'importance pris par les médias numériques dans la vie quotidienne des élèves», argumente-t-il. Pour éviter le risque que le traitement des réseaux sociaux ne tombent entre deux chaises, le professeur milite donc pour une branche à part entière.

Craintes des enseignants

Ces plans sont susceptibles de déstabiliser les enseignants peu à l'aise avec le sujet, notamment les plus âgés d'entre eux. Ils savent qu'ils sont plutôt en retard que les élèves dans ces nouveaux médias. «Il existe déjà un certain nombre de cours, des tutoriels, et des manuels scolaires avec lesquels les enseignants peuvent acquérir des connaissances en éducation aux médias», relativise Beat Zemp.

En attendant, des solutions transitoires existent. A Berne, par exemple, la police passe deux fois par semaine dans les classes pour sensibiliser les élèves aux dangers de réseaux comme Facebook.

Des dangers avérés

La semaine dernière, le Ministère public bernois avait rapporté le cas d'un homme de 47 ans qui se faisait passer pour une fille sur les réseaux sociaux. Selon l'accusation, le pervers s'en est servi pour abuser 44 victimes, des adolescents de sa région âgés de 15 à 17 ans. Il les avait fait se déshabiller via MSN devant leur webcam et avait enregistré les séquences.

0 comments:

Enregistrer un commentaire