Une pièce de théâtre du Suisse Milo Rau sur le procès du groupe punk féministe Pussy Riot a été interrompue dimanche par la police des migrations en Russie.
Une descente de la police russe a interrompu à Moscou le spectacle "Le procès moscovite" du régisseur bernois Milo Rau sur la liberté artistique. La parodie judiciaire traitait notamment du groupe punk des Pussy Riot, dont deux membres sont emprisonnées.
Des agents des services de migration ont fait brusquement irruption dans le Centre Sakharov de Moscou et contrôlé Milo Rau et d'autres étrangers, a constaté un journaliste sur place. Le régisseur bernois a dénoncé "un prétexte absurde". "Cela montre, comment cela se passe ici", a-t-il dit.
Problème de visa invoqué
Selon le vice-directeur du service des migrations Sergueï Kalioujny, cité par l’agence de presse Ria Novosti, des agents de son service ont pénétré dans le musée afin de contrôler les papiers du metteur en scène.
"Milo Rau a été averti de la nécessité de respecter les règles de migration", a-t-il déclaré, ajoutant que son visa ne lui permettait pas de travailler en Russie. De leur côté, des membres du musée Sakharov ont dénoncé une "tentative visant à interrompre la pièce", étant donné que la scène s’est produite en plein milieu du spectacle.
"Ils (y) sont parvenus pendant deux heures", a déclaré une porte-parole du musée, Elena Kaloujskaïa, qui a précisé qu'une équipe de télévision accompagnait les membres du service des migrations. Le directeur du musée Sakharov a quant à lui été interrogé dans son bureau, a-t-elle précisé.
Procès de juillet 2012
En février 2012, cinq jeunes femmes des Pussy Riot sont entrées dans la cathédrale du Christ Sauveur à Moscou et ont interprété une chanson punk dénonçant une collusion entre l'Eglise orthodoxe et le pouvoir politique. Elles ont prié la Sainte Vierge de "chasser Poutine".
Trois d'entre elles ont été arrêtées. Nadejda Tolokonnikova, 23 ans, et Maria Alekhina, 24 ans, purgent actuellement une peine de deux ans dans des camps de l'Oural et de Mordovie. La troisième, Ekaterina Samoutsevitch, 30 ans, a vu en octobre sa peine commuée en sursis.
agences/vkiss
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