jeudi 21 mars 2013

Le tireur de Menznau est mort après un corps-à-corps

L'homme qui a tué trois collègues de travail fin février à Menznau (LU) portait deux armes sur lui: un revolver chargé et un pistolet avec lequel il a tiré au moins 18 coups de feu. Le tireur de Menznau est mort d'une balle dans la tête après un corps-à-corps avec un employé. Les enquêteurs privilégient la thèse du suicide ou de l'accident.

Le forcené âgé de 42 ans n'a sans doute pas été abattu par un tiers, a indiqué jeudi le chef de la police criminelle lucernoise Daniel Bussmann aux médias réunis à Lucerne. Aucun indice relevé par l'institut médico-légal ni les images de vidéo-surveillance ni les quelque 40 témoignage ne permettent pour l'heure de conclure à l'intervention volontaire d'un tiers dans sa mort.

Une enquête préliminaire a toutefois été ouverte pour élucider les circonstances de son décès. Elle concerne toutes les personnes impliquées dans la phase finale du drame qui a fait quatre morts. La fusillade a en outre fait six blessés dont cinq graves. Deux d'entre eux sont toujours hospitalisés.

Trois morts d'emblée

Le 27 février dernier, le quadragénaire se rend à son lieu de travail, l'entreprise de bois aggloméré Kronospan, à Menznau. Il transporte un pistolet de modèle AT380 de marque Sphinx et un revolver, tous deux chargés. Des munitions pour les deux armes se trouvent en outre dans un sac qu'il emmène aussi avec lui, précise Daniel Bussmann.

Arrivé sur place à 8h41, il pénètre dans le bâtiment comportant la cantine de l'entreprise. Une fois dans le couloir, il ouvre le feu avec son pistolet devant un bureau, blessant mortellement deux hommes et une femme - des collègues de travail dont l'un succombe un jour plus tard à l'hôpital.

Contre-attaque avec une chaise

Le forcené se rend ensuite dans la cafétéria non-fumeurs, où il se remet à tirer. Les 17 personnes présentes plongent sous les tables. Une fois vide, il recharge le pistolet et continue à tirer.

Un collègue s'empare alors d'une chaise et tente d'attaquer le forcené qui réagit en lui tirant dessus. Atteint par balle à la mâchoire, le collègue saisit malgré tout le tireur. Lors de ce corps-à-corps, les deux hommes tombent au sol.

Arme jetée par la fenêtre

Gisant à terre, le forcené ne bouge plus. Un autre employé en profite pour lui asséner un coup de chaise sur le dos et s'enfuir. Selon les témoins, le forcené tenait encore le pistolet dans la main après le coup de feu fatal. Un employé aurait alors saisi l'arme et l'aurait jetée par la fenêtre.

Le Ministère public lucernois privilégie deux thèses: soit le coup de feu qui a tué le forcené est parti par accident durant le corps-à-corps, soit le tireur a finalement retourné l'arme contre lui.

Troubles psychiques

Différents indices permettent en outre de supposer que cet homme souffrait de troubles psychiques. Selon des personnes interrogées, le forcené avait tendance à parler avec lui-même. Il s'illustrait en outre par des rires soudains et inexpliqués.

Juste avant de passer à l'acte, il a en outre téléchargé sur Facebook la photo d'une publicité pour une voiture, alors qu'il se trouvait déjà sur le site de l'entreprise, précise la procureure Nicole Belliger. Le tireur ne se trouvait pas sous l'influence d'alcool ou de drogues au moment des faits. Le Ministère public a demandé une expertise à la clinique psychiatrique de Lucerne.

Les raisons exactes du crime restent inconnues. Le tireur n'avait pas été licencié ou mis en congé forcé par son employeur qui l'avait engagé en 1999. Il n'avait par ailleurs pas proféré de menaces. Né au Kosovo, il a obtenu l'asile en Suisse en 1991 et la nationalité helvétique en 2001, soit trois ans après avoir été condamné pour acte de brigandage, tentative de vol et déprédation.

Pistolet acquis illégalement

Le Ministère public part en outre du principe que l'homme avait acquis l'arme du crime de manière illégale. Son frère domicilié dans le canton d'Obwald lui avait transmis le pistolet il y a plusieurs années après l'avoir acheté légalement en 2003. Il devra répondre de non-respect du devoir de précaution.

Le forcené a en outre acquis légalement auprès d'un particulier le revolver qu'il transportait au moment des faits sans l'utiliser. Il n'avait toutefois pas le droit de l'emporter avec lui car il ne dispose pas d'un permis de port d'arme. (ats/Newsnet)

Créé: 21.03.2013, 14h59

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