Prochain objectif: Genève. En automne, le canton du bout du lac renouvelle son Grand Conseil et son Conseil d'Etat. Deux candidats UDC connus briguent un siège au gouvernement: les conseillers nationaux Yves Nidegger et Céline Amaudruz.
«La politique de Genève est une horreur»
Céline Amaudruz se montre confiante. «A Neuchâtel comme en Valais, le ras-le-bol des gens se manifeste. Ils veulent un parti qui change les choses et non un mélange de bourgeois qui ne font rien. C’est un bon trend pour Genève. D’autant que la politique de ce canton est une horreur. Je n’ai jamais vu un tel chaos dans une législature.»
L'UDC ne part pourtant pas avec les faveurs de la cote. Le Mouvement citoyen genevois (MCG), qui dénonce depuis des années l'insécurité et la concurrence des travailleurs frontaliers, chasse depuis des années sur ses terres et lui vole la vedette.
« Il est clair que le MCG, comme la Lega au Tessin, rendra plus difficile notre entrée au Conseil d’Etat genevois, analyse Céline Amaudruz. D’autant plus que le conseiller national Mauro Poggia est un excellent candidat à l’exécutif. Mais je me pose juste la question si cet ancien PDC est capable de mener une vraie politique d’opposition. Cela dit, je le préfère mille fois à un PLR».
«Erreurs stratégiques du PLR»
A propos du PLR, le conseiller national vaudois UDC Guy Parmelin estime que ce parti est en train de payer sa douloureuse fusion entre radicaux et libéraux. «Le centre droit paie aussi ses erreurs stratégiques, comme son refus d'alliance avec l'UDC dans certains cantons». Il estime en tout cas que l'UDC romande va sortir renforcée de ses victoires au sein du parti national. «Nous prouvons que nous avons des personnalités fortes, ce que semblent découvrir certains de nos collègues alémaniques».
Martin Baltisser, le secrétaire général de l'UDC Suisse, affirme en être conscient depuis longtemps. Il relève que l'UDC Suisse romande a bien passé le cap des élections fédérales 2011 alors que les alémaniques ont reculé. C'est d'ailleurs pour cela que le parti national a octroyé un second siège romand au comité directeur. Deux fauteuils occupés par Claude-Alain Voiblet et Oskar Freysinger.
Freysinger et «le principe de réalité»
Oskar Freysinger justement, le triomphateur des élections valaisannes, livre une double explication des succès de l'UDC dans les exécutifs. «Ce qui a changé, c'est que les gens ne suivent plus les mots d'ordre des partis. L'individualisation de la société touche la politique et l'on vote de plus en plus pour des personnes. »
«Et puis, dans le même temps, il y a le retour au réel. Les faits passent avant l'idéologie. Sur la sécurité, l'asile, les faits nous ont donné raison. Les gens en ont ras-le-bol et ne veulent plus d'une politique des bonnes intentions».
Polémique en sourdine
Oskar Freysinger affirme d'ailleurs que l'UDC a changé de stratégie de communication. «Nous n'avons plus besoin de susciter la polémique pour nous faire entendre. Je me bats d'ailleurs au sein du parti pour que nous soyons informatifs.» Vraiment? Et les enfants derrière les barreaux pour combattre l'arrêté fédéral sur la famille? «C'était une petite partie de la campagne».
(Newsnet)
Créé: 29.04.2013, 15h29
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