Une telle configuration constituerait un chassé-croisé par rapport à la législature 2009-2013. La gauche avait ravi la majorité à la droite au Grand Conseil en 2005 avec 58 sièges contre 57, puis avait conforté sa mainmise en 2009 avec 60 sièges contre 55.
Si une majorité de gauche se dessine au Conseil d'Etat, avec trois socialistes parmi les cinq premiers candidats, la droite a elle en revanche réussi à s'emparer de la majorité au Grand Conseil où elle dispose désormais de 61 sièges ( 6) contre 54 (-6) à la gauche.
Poussée de l'UDC
C'est grâce à l'UDC et aux Vert'libéraux que le parlement a basculé à droite. En perte de vitesse dans le canton de Neuchâtel, avec la perte de plusieurs sièges lors des élections communales, l'UDC a gagné 6 sièges pour en détenir désormais 20 au Grand Conseil.
Le parti devient la 3e force politique devant les Verts. Candidat au Conseil d'Etat, Yvan Perrin a donné davantage de visibilité à l'UDC. Le parti a aussi bénéficié du ras-le-bol d'une partie de l'électorat qui a traduit sa mauvaise humeur en sanctionnant principalement le PLR.
Nouveaux venus
Dans le camp des vainqueurs, on trouve également les Vert'libéraux. Comme dans les autres cantons, ce parti a réussi son entrée sur la scène politique neuchâteloise en décrochant 5 sièges. Il pourrait jouer un rôle d'arbitre dans le duel gauche-droite sur certains dossiers.
Les autres partis apparus récemment sur la scène politique n'ont pas rencontré le même succès: le Nouveau Parti libéral (NPL) de l'ancien ministre Frédéric Hainard sort bredouille des élections tout comme le Parti bourgeois-démocratique (PBD). Le PDC obtient lui son 1er siège.
Recul du PS et du PLR
Le PLR et le PS sont les principales victimes des succès de l'UDC et des Vert'libéraux. Les libéraux-radicaux neuchâtelois ont perdu 6 sièges mais restent malgré tout la principale force au Grand Conseil avec 35 élus.
Autre parti traditionnel, le Parti socialiste (PS) enregistre aussi un recul avec la perte de 3 sièges et n'a donc pas pu profiter de l'affaiblissement du PLR. Il n'en compte désormais plus que de 33. Les Verts décrochent 12 sièges (-2) et la gauche alternative POP/Solidarités 9 (-1).
Majorité différente
L'électorat a donc plébiscité la gauche au gouvernement mais dans le même temps la prive d'une majorité parlementaire. Il a peut-être voulu équilibrer les forces politiques. Mais ce faisant, il a pris le risque d'un blocage institutionnel. C'est lors d'un éventuel 2e tour qu'il précisera ses intentions.
Le dépôt des listes des candidats pour le 2e tour au gouvernement est fixé à mardi 12h00. La législation neuchâteloise ne permet pas de changer de candidat en cours de route, comme en Valais. Le PLR se réunit lundi soir à Bevaix pour définir sa stratégie. Le PS se retrouve lui à La Chaux-de-Fonds pour établir sa liste.
Après les crises qui ont agité le gouvernement et terni l'image du canton, le nouveau Conseil d'Etat qui sortira des urnes pourrait présenter un tout nouveau visage, avec aucun des cinq ministres élus en 2009. (ats/Newsnet)
Créé: 29.04.2013, 11h53
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