mardi 30 avril 2013

Difficile de s'en sortir après l'apprentissage

par Valeska Blank/David Maccabez - Même si elles ont reçu une bonne formation, environ 150'000 personnes gagnent moins de 4000 francs par mois en Suisse. Les syndicats tirent la sonnette d'alarme.La qualité de l'enseignement dispensé aux jeunes fait partie de nos fiertés nationales. Elle leur permet de décrocher un emploi fixe et un salaire décent. Ce modèle tant vanté commence toutefois à avoir du plomb dans l'aile. «On promet aux écoliers que faire un apprentissage leur permettra de nourrir une famille, mais c'est faux», explique Daniel Lampart, économiste en chef à l'Union syndicale suisse (USS), à «20 Minuten». Selon le spécialiste, les salaires des titulaires de CFC ont diminué de 0,4% entre 2002 et 2010, alors que le salaire médian national a lui augmenté de 3,5%.

Trop bas pour vivre

En Suisse, près de 12% des travailleurs (437'200 salariés) gagnent moins de 3986 francs par mois. On parle alors de bas salaires. Parmi eux, 144'600 personnes ont terminé un apprentissage. Cet état de fait pousse l'USS à demander une augmentation des salaires, car elle juge ces montants insuffisants pour vivre.

Les cas les plus significatifs concernent la vente, «principalement dans les magasins de chaussures et de vêtements», précise Daniel Lampart. Dans ce secteur, deux tiers des employés gagnent moins de 4000 francs par mois. Parmi eux, 10% sont payés moins de 3400 francs. «Une formation de plusieurs années n'empêche pas le dumping salarial.» Viennent ensuite l'hôtellerie et les coiffeurs sur le podium des moins bien payés du pays.

Ces bas salaires sont un problème qui doit être pris au sérieux, dit l'USS. «On doit se rendre compte qu'un travailleur sur cinq est en difficultés quand une grosse facture imprévue arrive, comme des soins dentaires ou des frais de réparation pour la voiture», conclut son président Paul Rechsteiner.

Les patrons suisses ne sont pas avares

Pour Thomas Daum, directeur de l'Union patronale suisse, si les salaires sont bas dans certains corps de métier, c'est que les patrons ne peuvent pas payer plus. Et la situation ne changera pas sans une augmentation des tarifs. «Les jeunes ne doivent toutefois pas se détourner du système de l'apprentissage. Ils doivent penser à long terme. De plus, ils ont des possibilités de compléter leur formation, comme des maturités professionnelles.»

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