Malgré un taux de participation historiquement bas, à 34% (moins trois points par rapport à 2009), les Neuchâtelois se sont montrés très clairs: ils veulent se débarrasser des élus sortants, ou du moins, les sanctionner sévèrement en leur faisant écoper d’un score décevant.
Résultats: la gauche, avec le PS, sort vainqueur du premier tour, tandis que les ministres sortants, du côté du PLR, en sont éjectés.
La presse romande commente abondamment lundi ce «coup de balai», signe d’un canton en crise qui se cherche une voie de sortie en pariant sur de nouvelles têtes. Tout en n'évitant pas les contradictions.
Un vote sanction
L’ampleur du ras-le-bol des Neuchâtelois «dépasse toutes les prévisions», observe ainsi Le Temps. «Les citoyens (…) ont infligé un camouflet à ceux qu’ils jugent prioritairement responsables de ce gâchis: les PLR sortants Thierry Grosjean (…) et Philippe Gnaegi». Tous deux ont fini respectivement 7e et 9e du premier tour. Le second tour devrait selon le quotidien se solder par le même vote-sanction.
Une autre surprise des élections neuchâteloises intrigue le commentateur: le succès de l’UDC Yvan Perrin, arrivé troisième du premier tour, avec 41,9% des voix.
Ayant soufferts de problèmes de santé en 2012, le politicien paraît encore fragile. «Yvan Perrin tiendra-t-il le choc physiquement et psychologiquement toute une législature?», s’interroge Le Temps qui, dans son article de base décrit un homme «aux mains tremblantes» et proche des larmes à l’annonce de son «score canon».
«Des paradoxes électoraux»
Le Matin souligne pour sa part les contradictions que soulèvent les résultats de ce premier tour. L’arrivée victorieuse d’Yvan Perrin en troisième place contraste selon le journal avec les doutes planant sur ses capacités «à assumer la charge» de conseiller d'Etat.
Et, tout en voulant faire table rase du passé, les électeurs neuchâtelois ont opté pour un modèle bâtard promis à la difficulté, avec un exécutif à gauche et un Parlement orienté à droite, grâce à une poussée des Vert’Libéraux.
Les éditos communs des quotidiens neuchâtelois L'Express/L'Impartial commentent ce premier tour dans le même esprit, avec, en sus, une pointe de cynisme: «Le canton de Neuchâtel aime les paradoxes électoraux. Il pourrait ainsi se donner dans trois semaines un Conseil d'Etat de gauche après avoir choisi de confier à la droite la majorité du Grand Conseil. En 2009, le peuple avait fait le choix inverse.»
Ces journaux soulignent encore que le PLR, grand perdant du premier tour, n’est pour rien dans la petite majorité à droite dont a hérité le Grand Conseil: «Cette nouvelle majorité repose sur des alliés, les Vert'Libéraux, qui risquent fort de vouloir jouer leurs propres cartes». Un mauvais présage adressé là encore au PLR.
Perrin/Freysinger, même combat
«Yvan Perrin est en passe de rééditer l’exemple de son collègue Oskar Freysinger», analyse depuis Fribourg La Liberté. Le journal tire d’ailleurs un parallèle entre les deux hommes, tous deux issus de l’UDC blochérienne qu’ils ont lancée depuis zéro dans leurs cantons, en jouant la carte de l’omniprésence médiatique et du «parler clair».
Cette visibilité les a hissés au statut de conseiller d’Etat au regard de l’opinion publique, mais aussi de garants du changement, poursuit le quotidien fribourgeois. Exit, donc, le PDC historique en Valais, et exit le PLR à Neuchâtel.
Quelle collégialité?
Le parallèle entre les deux hommes est aussi exploré par 24 heures et La Tribune de Genève qui s’interrogent: «Ces deux agents provocateurs du blochérisme parviendront-ils à lisser leur profil et à travailler de manière collégiale?».
La question s’impose à Neuchâtel, ce canton qui «a besoin de cohésion gouvernementale, après quatre ans de conflits, de ratages et de règlements de comptes». (Newsnet)
Créé: 29.04.2013, 11h17
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