Avec le Luxembourg qui vient d'accepter l'échange automatique d'informations, c'est «un moment dangereux pour la Suisse», admet M. Maurer. Mais «contrairement au Luxembourg, la Suisse ne fait pas partie de l'UE» et elle répond aux standards de l'OCDE, martèle le président de la Confédération.
Pour lui, la Suisse ne doit pas se laisser influencer par ce qui se passe en Europe: «En Asie et aux Etats-Unis, je constate que ce n'est pas un thème; il n'y a donc aucune raison pour que cela en soit un chez nous», ajoute-t-il.
Secret bancaire moins important
Ueli Maurer rappelle que la Suisse a déjà fait des concessions, notamment avec l'accord FATCA avec les USA. De plus, ajoute-t-il, «le secret bancaire n'a plus autant d'importance qu'il y a deux ou trois ans». «La force de la place financière tient aussi à la stabilité politique de la Suisse, à sa fiabilité et à sa crédibilité».
La pression intérieure en revanche pourrait pousser la Suisse à changer de position, selon le conseiller fédéral. Et d'estimer que ce sont d'abord les médias qui contribuent à cette pression, en ne défendant pas les valeurs suisses et en attaquant «toujours notre système». Pour M. Maurer, le secret bancaire est une valeur «au même titre que le secret médical». «L'Etat doit absolument respecter la sphère privée».
Juste corriger les failles
Concernant les gens riches qui en profitent pour ne pas payer des impôts, Ueli Maurer réplique: «Dans chaque système, il y a des possibilités de passer entre les mailles du filet. Il faut corriger ces failles, c'est tout».
«Le système doit d'abord garantir la liberté aux citoyens»: les failles sont le prix à payer pour cette liberté, dit le président de la Confédération.
Clients en quête de sécurité
La place financière helvétique continue à attirer des clients en quête de sécurité, note le président de l'Association suisse des banquiers (ASB). La Suisse n'a pas perdu de capitaux ces quatre dernières années, malgré un contexte politique international difficile.
«Nous restons leaders mondiaux dans la gestion de fortune transfrontalière: nos parts de marché sont restées stables à près de 27%, notamment grâce à la gestion de fonds institutionnels (domaine de l'asset management)», explique Patrick Odier dans une interview parue dans «Le Matin Dimanche».
L'exemple de Chypre
Le président de l'ASB prend l'exemple de Chypre pour illustrer le besoin de sécurité de la clientèle. Il rappelle que là-bas les dépôts des gros épargnants vont se voir ponctionner une partie substantielle de leurs avoirs, afin de financer pour partie le sauvetage du système bancaire indigène.
Patrick Odier relève enfin la progression de la place financière genevoise, dont il est issu. Le phénomène «montre clairement que notre positionnement concurrentiel reste fort».
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