A ses yeux, plus le poste occupé est important, plus le salarié est exposé. «La masse d’informations entre les mains des Américains est déjà énorme. Cet accord va la multiplier par trente! Rapidement, l’administration américaine sera en mesure de repérer les noms qui se répètent» poursuit-il.
Et ensuite, qu’adviendra-t-il de ces personnes? Elles seront arrêtées aux Etats-Unis ou pourront être recherchées par Interpol. Mais attention, prévient l’avocat genevois, pas moyen dans ce dernier cas pour les employés de savoir s’ils figureront ou non sur la liste de l’organisation policière. D’où un climat de grande incertitude qui pèse sur les employés de banque. «Cette peur, c’est justement le but de l’opération», affirme Douglas Hornung.
Du côté de la défense des salariés du monde bancaire, on est consterné. «C’est extrêmement difficile à avaler!» s’emporte Jean Christophe Schwaab, conseiller national socialiste vaudois et président romand de l’Association suisse des employés de banque. «Mais, tempère-t-il, nous avons obtenu les meilleures garanties possibles pour protéger les collaborateurs. Les partenaires sociaux ont pris leurs responsabilités.» L’Association patronale des banques en Suisse lui emboîte le pas. L’organisation affirme en effet que, pour elle, «la protection des employés est importante.»
En clair, quelles assurances pour les salariés qui seront jetés en pâture à l’administration américaine? «Ils seront directement informés par leur employeur. Les frais de justice seront pris en charge par la banque et il n’y aura ensuite aucun licenciement ni discrimination à l’embauche», rassure Jean Christophe Schwaab. Autre disposition destinée à ménager les employés: la création d’un fonds spécial, alimenté par les banques à hauteur de 2,5 millions de francs, à destination de ceux qui se retrouveront «dans une situation vraiment difficile».
Mais ce n’est pas tout. La chasse aux sorcières touchera d’autres domaines. Le sort réservé aux gestionnaires externes, avocats et fiduciaires, dont les noms seront eux aussi livrés, reste ainsi incertain. «Inacceptable», tonne l’association Fiduciaire Suisse. Et ce, d’autant plus qu’ils ne seront, eux, pas protégés aussi bien protégés que leurs compagnons d’infortune, les employés de banque. (Le Matin)
Créé: 30.05.2013, 07h21
0 comments:
Enregistrer un commentaire