jeudi 9 mai 2013

Des cours de répétition au rabais

L’idée de réduire les cours de répétition à deux semaines fait son chemin. Mais elle ne suscite pas l’enthousiasme. Les trois semaines du cours de répète sont-elles menacées par la restructuration de l’armée à l’horizon 2016? L’état-major songe à les ramener à deux semaines dans une consultation lancée à l’interne le 19 avril dernier, comme le révèle L’Hebdo de cette semaine.

Dans les milieux militaires, ce raccourcissement ne suscite pas l’enthousiasme. Le président de la Société suisse des officiers (SSO), Denis Froidevaux, regrette que cette proposition ne parte pas d’une réflexion strictement militaire: «D’un côté, le Conseil fédéral a plafonné le nombre de jours d’écoles de recrues à 5 millions par année. Ce chiffre est lié à des paramètres financiers. De l’autre, les milieux de l’économie se plaignent de devoir accorder trois semaines de vacances à leurs collaborateurs. Je regrette que ce genre de mesure ne soit envisagé qu’en raison d’arguments financiers et non pour des raisons stratégiques.»

Programme plus assidu

Cependant la SSO n’entend pas s’opposer: «Par définition, une armée de milice doit se calquer sur les besoins de l’économie ou de la formation. On peut vivre avec deux semaines de cours de répétition pour la troupe, à condition de considérer le premier samedi comme un jour de travail et de faire un programme plus assidu jusqu’au deuxième samedi. Mais l’idéal reste trois semaines.» Du côté des politiques, le conseiller national Yannick Buttet (PDC/VS), vice-président de la Société des officiers du Valais romand, estime que cette réduction «aura probablement des conséquences sur le plan de l’instruction. C’est une question de priorité et ce serait l’occasion d’optimiser les cours. Par contre, j’émets un bémol: est-ce qu’on aura encore assez de monde pour les engagements subsidiaires de l’armée en cas de catastrophe ou pour la Patrouille des Glaciers?»

Yvan Perrin sceptique

Son collègue Yvan Perrin (UDC/NE), membre de la Commission de la politique de sécurité du Conseil national, est encore plus sceptique: «Dans un cours, il faut déjà compter deux ou trois jours pour se mettre en train et deux ou trois jours pour la reddition. Si on enlève la semaine du milieu, je ne vois pas ce qui reste.» A l’idée de Denis Froidevaux de densifier le programme, il pense que cela pourrait être jouable «mais sans enthousiasme de ma part. S’il faut faire moins de jours, il vaut mieux faire un ou deux cours de moins et garder les trois semaines.»

Enfin, à gauche, le conseiller national Eric Voruz (PS/VD) constate que le département d’Ueli Maurer est aux abois: «L’armée cherche à faire des économies pour s’acheter les avions. Elle veut supprimer des places d’armes, maintenant raccourcir les cours de répétition. Le département remue beaucoup de choses sans savoir ce qui va en sortir. Il est possible qu’il consulte aussi pour ne rien changer.»

Economiser? Le problème est que l’armée n’entend pas réduire le nombre de jours de service obligatoires. Si les cours passent à deux semaines, le soldat devra en faire davantage pour atteindre les 260 jours réglementaires. En moyenne, il en fait sept aujourd’hui, il pourrait en faire neuf demain. Mais, pour le porte-parole de l’armée Daniel Reist, cette question n’est pas encore tranchée. Après la consultation interne, le Conseil fédéral doit affiner le projet au mois de juin, avant de le soumettre à une consultation externe avant la fin de l’année.   (Le Matin)

Créé: 09.05.2013, 13h39

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