Le soutien accru aux forêts pèche par excès de détails
Cantons et milieux concernés sont favorables au projet en consultation jusqu'à mercredi, mais dans une version plus ciblée et moins détaillée.
D'après le Conseil fédéral, les objectifs de la politique forestière 2020 adoptée il y a deux ans ne peuvent être atteints qu'en modifiant certains points de la loi sur les forêts. Alors que le Parlement a décidé, en 2008, de ne pas entrer en matière sur une proposition de révision complète, le gouvernement propose un nouveau projet ne comprenant pas les principaux objets contestés.
Il ne s'agit plus de vouloir résoudre le problème de l'accroissement de la surface forestière ou de vouloir garantir une sylviculture proche de la nature. Le Conseil fédéral souhaite parmi d'autres objectifs accroître l'exploitation du bois en tant que matière première indigène et agent énergétique.
Il propose également une hausse des subventions de dix millions pour les mesures d'adaptation aux changements climatiques dans les forêts protectrices - c'est-à-dire prévenant des dangers tels qu'avalanches ou laves torrentielles - et la même somme pour les autres forêts. Autre point important: améliorer la lutte contre les organismes nuisibles tels que le capricorne asiatique.
Priorités à définir
«Si la Confédération décide d'augmenter le soutien financier, les cantons devront aussi passer à la caisse», car ils doivent assumer avec les autres propriétaires environ 60% des frais d'entretien, assure Otmar Wüest, secrétaire général de la Conférence des directeurs cantonaux des forêts. La Confédération s'occupe de 40% de ces frais, ce qui représente actuellement 60 millions de francs.
Les cantons n'ont pas les moyens d'augmenter leur part. Certains points du projet ne vont en outre pas dans leur direction et d'autres sont trop détaillés. «Il faut davantage de flexibilité et définir ensemble les priorités, car trop d'éléments sont pris en considération», souligne Otmar Wüest, précisant que le projet doit encore être examiné dans le détail. La conférence a obtenu une prolongation du délai de consultation jusqu'au 2 septembre prochain.
Economie forestière suisse (EFS), l«organisation faîtière des propriétaires suisses de forêts, demande aussi de faire le tri et de définir des priorités qui seraient abordées dans un premier volet du projet, pour les problèmes plus urgents. Parmi elles, la lutte contre les organismes nuisibles et l'adaptation aux changements climatiques pour les jeunes peuplements, mais surtout l'amélioration de la situation difficile des exploitants de forêts.
«Environ la moitié de ces propriétaires ont subi d'importantes pertes financières à cause d'une exploitation très coûteuse dans les régions montagneuses et de l'impact du franc fort dans l'exportation du bois», explique Markus Brunner, directeur d'EFS. Le soutien de la Confédération passerait avant tout par l'amélioration, la rénovation et l'extension des infrastructures et dessertes.
Exotique contre indigène
C'est également l'avis de Lignum, la faîtière de l'économie suisse de la forêt et du bois, contactée par l'ats: les différentes installations et transports permettant l'exploitation du bois doivent être assainis, il s'agit d'un «besoin urgent».
Pour Marcus Ulber, chargé de projet à Pro Natura, les mesures les plus importantes sont celles qui touchent à la biodiversité et aux menaces biotiques. Il estime que le combat contre les organismes nuisibles pourrait mener à certaines confusions: «il faut clairement différencier les ravageurs exotiques des ravageurs indigènes (comme les bostryches), ces derniers ne devant pas être combattus.»
L'organisation de protection de l'environnement craint aussi que l'on ne commence à introduire certaines essences d'arbres exotiques pour préparer la forêt au réchauffement climatique. «Si l'on veut résoudre ainsi le problème, on ne contribuera qu'à en créer de nouveaux», souligne Marcus Ulber. (ats/Newsnet)
Créé: 14.08.2013, 11h00
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