par Till Hirsekorn/Olivia Fuchs - Une entreprise de sécurité américaine prétend que des hackers chinois volent des données en Suisse. Si tel est bien le cas, les sept Sages doivent agir, exige le Conseil national.Les accusations adressées à la Chine sont lourdes. L'entreprise américaine Mandiant, spécialisée dans la protection des ordinateurs contre les cyberattaques, a affirmé mercredi que des hackers professionnels chinois espionnent depuis 2006 les ordinateurs de plus d'une centaine d'organisations et de sociétés occidentales, dont plusieurs en Suisse. Au moins 141 entreprises actives dans le secteur de l'approvisionnement en eau, en énergie et en pétrole seraient concernées. Plusieurs centaines de terabytes de données auraient déjà été volés et cela avec l'autorisation des autorités et de l'armée chinoise. L'entreprise américaine refuse de donner le nom des firmes suisses concernées. Selon Mandiant, qui a longuement hésité avant de rendre publique son enquête, une unité secrète nommée «61398» opère depuis un bâtiment militaire à Shanghai. Elle dépendrait du Troisième Département de l'armée du peuple. La Chine rejette les accusations. «Si les soupçons faisant état que la Chine était au courant de ces cyberattaques se confirment, le Conseil fédéral doit agir», exige Thomas Hurter, vice-président de la commission de la politique de sécurité du Conseil national. «La Suisse ne va pas pour autant mettre en danger les relations économiques avec la Chine», affirme Myriam Dunn Cavelty du centre d'études de sécurité de l'Ecole polytechnique fédérale de Zurich.
Max Klaus, de la centrale d'enregistrement et d'analyse pour la sûreté de l'information, relativise et rappelle que la Suisse est victime de cyberattaques presque tous les jours: «La Suisse protège bien ses infrastructures critiques. Elle collabore aussi activement avec des réseaux internationaux contre la cybercriminalité.»
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