vendredi 22 février 2013

Les énigmes non résolues de l’accident de car à Sierre

Temps présent a enquêté durant 6 mois sur le drame qui a fait 28 morts dont 22 enfants le 14 mars dernier. Le résultat a été diffusé jeudi. Cinquante-sept minutes consacrées à la reconstitution du drame de Sierre, mais aussi aux témoignages d'Olga et Michael Van Polen, parents d'Eline, 12 ans; de Paul Schilders, père de Luc, 12 ans; de Tony Reynders, papa d'Emma, 12 ans également, trois des 22 enfants décédés brutalement le 14 mars dernier sur la route qui les ramenait de leur camp de ski à St-Luc, à leur domicile en Belgique. C'est le temps consacré par Temps présent à la diffusion de son enquête de 6 mois, dont le public a pu prendre connaissance jeudi soir.

Après avoir visionné ce document, qui montre que l'enquête policière et judiciaire a été la plus complète possible, 2 questions subsistent:

- Pourquoi le car s'est-il arrêté sur la bande d'arrêt d'urgence durant une petite minute juste avant d'entrer dans le tunnel? Ce n'est pas l'endroit adéquat pour un changement de chauffeur qui effectuera 2, 222 km à 98-99 km/h (avec une pointe à 105) avant de s'encastrer dans la niche du tunnel.

- Pourquoi le chauffeur a-t-il un manque de réaction total après que le car a mordu la bordure sur les 75 mètres restants avant le crash? D'après un chauffeur professionnel qui effectue souvent ce même trajet, et qui a témoigné sous couvert d'anonymat pour Temps présent, «Trois secondes, c'est trop long pour ne pas réagir».

Après avoir analysé l'épave et écarté tout type de raison technique, trois hypothèses restent plausibles, selon Jörg Arnold, responsable de l'analyse accident à l'Institut forensique de Zurich, qui intervient dans le documentaire:

- Le chauffeur a eu un problème d'ordre médical - Le chauffeur a été distrait - Le chauffeur s'est délibérément suicidé, une hypothèse qu'on ne peut exclure mais qui reste «très très théorique» selon le premier procureur du Valais central Olivier Elsig.

Des résultats encore en cours

Près d'un an après le drame, tout a été scanné, analysé et passé au peigne fin. Tout? Sauf certains résultats médicaux du chauffeur. On attend «des compléments d'expertise» explique Olivier Elsig. Des résultats sont toujours en cours. Ceux d'un cardiologue d'une part, et d'un médecin spécialisé dans l'interaction entre l'ingestion de substance et la conduite.

Car l'autopsie toxicologique a révélé la présence de paroxétine dans le corps du chauffeur, une substance inhibitrice des anti-dépresseurs. Bien des parents s'accrochent à cette hypothèse et évoquent les rapports tendus de cet homme de 34 ans, remarié depuis peu, avec sa nouvelle femme. Mais selon la justice, ce chauffeur reste un «homme ordinaire, relativement jovial».

(Newsnet)

Créé: 22.02.2013, 12h03

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