Les deux anciens conseillers fédéraux croisent le fer sur la prochaine votation fédérale. Blocher veut une élection du Gouvernement par le peuple, Couchepin s'y oppose. Le 9 juin, le peuple sera appelé aux urnes pour dire s'il veut changer le mode d'élection du Conseil fédéral. Ce dernier, est actuellement élu par l'Assemblée fédérale (246 parlementaires des deux Chambres). Une initiative UDC demande qu'à l'avenir, le Gouvernement soit élu par le peuple comme le Conseil d'Etat dans les cantons. Le Tages Anzeiger et le Bund ont réuni les deux anciens conseillers fédéraux Pascal Couchepin et Christoph Blocher. Les deux bêtes politiques s'affrontent sur ce sujet chaud. Couchepin est contre l'élection par le peuple, Blocher pour.
Voici en résumé les meilleurs extraits de ce débat contradictoire, paru aujourd'hui dans les deux journaux alémaniques:
L'élection par le peuple, nécessaire ou non?
Pascal Couchepin: «Une élection par le peuple déboucherait sur des tensions avec le Parlement. Un conseiller fédéral devrait sans cesse se poser la question: quel groupe d'intérêts je dois mettre de mon côté pour la prochaine élection? Combien d'argent j'aurais à disposition? L'initiative UDC est tout simplement inutile. On ne devrait changer les règles du jeu que lorsqu'il y a des problèmes.»
Christoph Blocher: «Il y a des raisons impérieuses. Le fossé entre le peuple et la classe politique sur des thèmes centraux est de plus en plus grand. Pensez à l'adhésion à l'UE. Elle est préparée par le Conseil fédéral, l'administration et les tribunaucx. Avec une élection populaire , cela ne serait pas possible.»
Pascal Couchepin: Aucun conseiller fédéral ne veut aujourd'hui d'une adhésion à l'UE. C'est un fantasme de M. Blocher.
Christoph Blocher: Le Conseil fédéral veut cette adhésion mais dit le contraire. Autre problème: la majorité du peuple et des cantons ont accepté le renvoi des criminels étrangers. Mais il ne se passe rien.
L'élection populaire appliquée pour les gouvernements cantonaux.
Christoph Blocher: «L'élection populaire fonctionne très bien dans les cantons, même dans les grands cantons comme Zurich et aussi dans les cantons bilingues. Et la collégialité n'en est pas affectée. Elle y fonctionne même mieux qu'au Conseil fédéral.»
Pascal Couchepin: «Dans les cantons règne un autre esprit. Beaucoup de gens connaissent les candidats au Gouvernement. Cela facilite l'élection. Pour une élection nationale du Conseil fédéral, il serait impossible de se faire une idée précise des candidats.»
L'élection populaire et le rôle de l'argent.
Pascal Couchepin: «Au Parlement, vous pouvez construire une relation de confiance avec des adversaires politiques. Cela paie lors de l'élection, qui se déroule à bulletins secrets. Lors d'une élection populaire, au contraire, ce sont l'argent et la propagande qui sont décisifs.»
Christoph Blocher: «Où s'arrête la relation de confiance et commence la compromission? Votre remarque dépréciative sur l'élection populaire, qui se joue sur l'argent et la propagande, méprise la faculté de jugement des citoyens. Les votations le prouvent: le peuple ne se laisse pas si facilement acheter!»
L'élection populaire et les médias
Christoph Blocher: Le plus grand danger (d'une élection populaire), ce sont les médias. Ceux-ci essaieraient d'orienter le choix des conseillers fédéraux. Comme c'est le cas aujourd'hui. Cela dit, j'ai vu en tant que conseiller fédéral que le peuple se laisse moins influencer que les politiciens par les médias.
Pascal Couchepin: «Pour une fois, nous partageons la même opinion...»
Christoph Blocher: «Oui, tu te souviens certainement comment la chancelière fédérale Huber-Hotz a dit plus d'une fois: dans le Blick, il y a tel ou tel article, nous devons maintenant prendre position. » (Newsnet)
Créé: 19.04.2013, 12h05
0 comments:
Enregistrer un commentaire