mercredi 17 avril 2013

«L’initiative sur l’IVG est hypocrite et mensongère»

La conseillère nationale Céline Amaudruz (UDC/GE) s’engagera pour une fois contre son parti, en appelant à rejeter, ce matin à Berne, l’initiative qui veut supprimer l’avortement du catalogue de l’assurance de base. Qu’est-ce qui vous touche tant dans cette initiative?

Il y a un fort aspect émotionnel lorsqu’on est une femme. Mais ce qui me dérange particulièrement, c’est l’hypocrisie de cette initiative, qui met en cause l’aspect financier de l’IVG alors que c’est clairement l’IVG qui est visée. Les initiants ont le droit de ne pas approuver l’avortement, de trouver que c’est mal, mais il s’agit alors d’un débat moral qu’il faut faire dans une église ou un cercle de réflexion, et pas au niveau politique. Les Suisses ont déjà voté sur l’avortement en 2002. Il est donc clairement mensonger, aujourd’hui, de remettre en cause l’avortement pour des raisons financières. On sait que les avortements représentent 8 millions de francs par an à charge de l’assurance de base, soit le 0,03% des coûts totaux de la santé!

Ce n’est pas la première fois qu’on assiste à un débat moral sous couvert d’une initiative… Prenons les minarets…

Oui, mais pour les minarets, c’était la première fois que le débat avait lieu. Sur l’avortement, le débat a déjà eu lieu.

Cette initiative marquerait un retour en arrière de 50 ans, à vos yeux?

Clairement. Et c’est regrettable. Parce que l’argument principal des initiants est de dire que l’avortement n’est pas une maladie. Mais le vaccin non plus! Il y a beaucoup de choses remboursées par l’assurance de base qui ne sont pas des maladies. Un avortement coûte 1500 fr. C’est beaucoup d’argent. Et j’ai peur que les personnes qui n’ont pas ces moyens partent dans d’autres pays ou aillent dans des cabinets à moindres coûts, au risque de complications qui coûteront ensuite beaucoup plus cher!

C’est un combat de féministes?

Absolument pas. C’est une question de logique et d’aspect financier. Evidemment que la femme est beaucoup plus touchée, parce que cela ne peut la toucher qu’elle. Et il y a un aspect très émotionnel. Mais ce n’est pas du tout un débat féministe. (Le Matin)

Créé: 17.04.2013, 11h32

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