mardi 21 mai 2013

Congé parental: la pression monte

Un sondage auprès des principaux employeurs de Suisse montre une tendance à la hausse des jours de congé accordés aux pères. Au niveau politique, le Conseil fédéral se bouge aussi. Les fonctionnaires fédéraux mâles peuvent se réjouir. Dès le 1er juillet prochain, ils verront leur congé doubler en cas de paternité. En le faisant passer de 5 à 10 jours, Berne suit en fait un mouvement imprimé par les grandes entreprises privées du pays. Selon un coup de sonde effectué auprès d’une cinquantaine d’entre elles par le quotidien alémanique Tages-Anzeiger, le minimum légal d’un jour de congé est de plus en plus souvent dépassé.

Les entreprises de services, les banques et les multinationales se montrent les plus généreuses, alors que l’industrie lourde s’en tient à une politique conservatrice. Schindler, Ruag ou Georg Fischer n’accordent ainsi qu’un jour, contre un record de 20 jours auprès de la Banque Alternative ou de Mobility, pionniers en la matière depuis le début des années 2000.

Ces chiffres actualisés ne peuvent que réjouir les militants d’un véritable congé parental en Suisse, incluant les pères comme cela se fait dans les pays nordiques, par exemple. «C’est positif de voir les entreprises avancer avec la société», souligne le conseiller national Luc Barthassat (PDC/GE). Il fait partie d’une poignée d’élus de droite et de gauche qui tentent depuis quelques années de faire avancer la cause des pères. «Ça reste dur, dit Luc Barthassat. La tendance de certains conservateurs est plutôt de vouloir renvoyer les femmes au foyer!»

Le député genevois ne se décourage pas pour autant. Il est en train de relancer sa motion – refusée une première fois – pour accorder aux nouveaux pères astreints au service militaire de pouvoir remplacer leur cours de répétition par un congé équivalent en cas de naissance.Autre «mousquetaire» de la cause, le conseiller national Roger Nordmann (PS/VD) voit aussi d’un bon œil l’évolution des entreprises: «Les plus importantes se mettent à répondre à un réel besoin affiché par les pères. Du coup, les PME vont devoir suivre et la pression va monter pour qu’une loi dicte un congé minimum digne de ce nom. C’est exactement ainsi que l’évolution s’est faite en faveur du congé maternité obligatoire.»

La bataille politique n’est pas gagnée pour autant. Le récent refus en votation populaire de l’article constitutionnel en faveur de la famille a même refroidi les ardeurs du jeune papa Alain Berset. Nouveau ministre des Assurances sociales, le quadragénaire avait indiqué dans une interview accordée en 2012 au «Matin» vouloir faire bouger Berne sur la question du congé parental. Il a tenu parole et mis ses experts au travail. Mais à l’heure de rendre sa copie au Conseil fédéral puis au Parlement, le socialiste semble devenu prudent. «Alain Berset va soumettre plusieurs variantes au Conseil fédéral après la pause d’été», indique sa porte-parole, Nicole Lamon. Selon des variantes et des calculs non confirmés, un congé paternité légal de 4 semaines reviendrait entre 200 et 400 millions de francs par année. (Le Matin)

Créé: 22.05.2013, 07h08

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