mercredi 12 décembre 2012

L'avenir incertain des lignes TGV pour Paris mobilise des élus

La ligne TGV Berne-Neuchâtel-Paris disparaîtra en 2013, si les élus suisses et français n'arrivent pas à faire plier les actionnaires de la SNCF et des CFF. Des garanties ont par ailleurs été demandées pour le maintien de la liaison Lausanne-Paris. La ligne TGV Berne-Neuchâtel-Paris est menacée en raison de problèmes de rentabilité. Elle enregistre un déficit de 2,3 millions d'euros par an, selon Alain Barbey, le directeur de Lyria, la société exploitante. Pourquoi ce manque à gagner? Depuis l'ouverture il y a un an de la liaison Rhin-Rhône, plus d'un tiers des voyageurs bernois préfèrent passer par Bâle pour se rendre à Paris.

De plus, le TGV Berne-Paris ne correspond plus aux attentes des usagers. «Il n'y a qu'un train par jour, et le trajet est long et sinueux. Et nous ne voyons aucune évolution possible», ajoute Alain Barbey.

Une desserte du massif jurassien

Des élus de Neuchâtel, de Pontarlier et de Frasne se sont mobilisés pour sauver la ligne. Ils ont rencontré début décembre le directeur de Lyria et des représentants de ses actionnaires, SNCF et CFF. La présidente de la Région Franche-Comté Marie-Guite Dufay a insisté sur la nécessité de conserver une desserte du massif jurassien, importante pour la vie économique de la région.

«Tout n'est pas fait pour promouvoir la ligne TGV Berne-Neuchâtel-Paris», affirme Marie-Guite Dufay. «Il y a des difficultés à obtenir des billets à Pontarlier, alors qu'il reste des places depuis Neuchâtel», dit-elle.

Garanties pour Paris-Lausanne

Marie-Guite Dufay en a profité pour demander des garanties concernant le maintien de la liaison Paris-Lausanne via Frasne. «J'ai réclamé la signature d’une convention pour la pérennisation de cette ligne.» La SNCF a en effet suscité des inquiétudes en annonçant que des changements pouvaient se produire en 2015, avant d'assurer que la ligne Lausanne-Paris n'était pas menacée.

«Nous sommes contents de cette ligne, et il n'y a aucun risque qu'elle disparaisse à court et à moyen terme», affirme Alain Barbey. «Les seules inquiétudes que nous avons eues concernent les gros travaux qui seront entrepris à la gare de Lausanne dès 2015: il y aura alors deux quais de disponible en moins », poursuit-il. «Mais j'ai reçu des garanties de l'Etat de Vaud et des CFF, et les TGV pourront venir normalement en gare de Lausanne», selon le directeur de Lyria.

Une décision au printemps prochain

Cette annonce n'a pas rassuré la présidente de Franche-Comté pour autant. «La SNCF est embêtée par ma proposition de convention. Donc, pour moi, il y a anguille sous roche», dit-elle. Réponse d'Alain Barbey: «On ne peut pas s'engager à vie pour une liaison, car les choses évoluent rapidement dans le domaine ferroviaire».

Les actionnaires SNCF et CFF prendront leur décision au printemps prochain concernant la signature d'une convention pour la ligne Lausanne-Paris et pour un éventuel sauvetage de la ligne Berne-Paris. (Newsnet)

Créé: 13.12.2012, 06h20

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