samedi 29 décembre 2012

La raquette en danger

La Fédération suisse de raquette à neige tire la sonnette d’alarme. Elle manque cruellement de moyens. Résultat: les sentiers dangereux risquent de se multiplier. Laurent Buchs est inquiet. Depuis 2005, la fédération qu’il préside, Swiss­Snowshoe, se démène pour baliser et sécuriser les sentiers de raquette. Le travail est entièrement assumé par des bénévoles, qui plantent hiver après hiver des panneaux d’information, et qui les retirent une fois le printemps venu. Mille kilomètres de pistes sont ainsi balisés par les prestataires de la fédération chaque saison, dans le but d’assurer la sécurité des randonneurs et des personnes se trouvant en aval.

Projets bloqués

Oui, mais voilà, Swiss­Snowshoe n’est pas une fédération comme les autres. La raquette n’est pas reconnue en tant que discipline olympique. Elle n’est d’ailleurs considérée ni comme un sport ni comme de la culture. Elle constitue un simple «loisir». Conséquence: elle ne bénéficie d’aucune subvention, ni de la part de Swiss Snowsports ni de la part de la Loterie Romande. La fédération vivote donc avec un budget de 180 000 francs pour la saison 2012-2013, grâce notamment au sponsoring et à des partenariats. «On est très serré», regrette Laurent Buchs. Et pourtant le président de Swiss­Snowshoe a des projets plein la tête, «mais, faute de moyens, ils ne peuvent pas aboutir».

Sans compter que la fédération a de plus en plus de mal à remplir ses deux missions principales: protéger l’environnement et tracer des chemins sûrs, en dehors des zones d’avalanche. «Je crains qu’on n’en arrive à une situation comme en France, où des zones entières sont interdites aux randonneurs car la raquette a mauvaise réputation. Quand des centaines de personnes arrachent des plantes rares, marchent sur des racines ou encore dérangent les animaux, cela a un impact sur l’environnement. C’est pourquoi notre action de sensibilisation et d’information est capitale.»

Guide à soutenir

Pour résoudre ses problèmes de trésorerie, la fédération a pensé un temps à instaurer une vignette, comme pour le ski de fond. Mais elle s’est vite rendu compte que rendre payante la raquette aurait un effet pervers. «Les gens déserteraient les sentiers sécurisés et iraient n’importe où pour rester dans la gratuité», explique Laurent Buchs. SwissSnowshoe publie donc un «Guide des sentiers raquettes en Suisse romande», actualisé chaque année. Ceux qui l’achètent contribuent au financement de l’entretien du réseau. Cependant, cela reste insuffisant, avec au final «le risque de voir les bénévoles se décourager et arrêter leurs activités», prévient Laurent Buchs. Le président de SwissSnowshoe ne veut pas en arriver là. Il lance donc un appel à de généreux donateurs. (Le Matin)

Créé: 29.12.2012, 10h01

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