Au moins 300 millions appartenant aux deux fils de Hosni Moubarak se trouvent au Credit Suisse, selon une enquête du "Matin Dimanche". Cette somme représente près de la moitié des avoirs égyptiens gelés en Suisse.
Sur les 700 millions de dollars d'avoirs égyptiens gelés en Suisse depuis la chute du président Hosni Moubarak en février 2011, 300 millions se trouvent au Credit Suisse, selon une enquête du Matin Dimanche. Cette somme appartient aux deux fils de l'ex-dirigeant, Alaa et Gamal Moubarak.
Le journal dominical a obtenu une copie d'un arrêté du Ministère égyptien de la justice évoquant un compte commun aux deux frères, actuellement en prison en Egypte (voir ci-contre) au sein du Credit Suisse à Genève. Un autre compte chez BNP est aussi mentionné, sans que le montant ne soit précisé.
Cette somme de 300 millions aurait été confiée au Credit Suisse en 2005, bien avant les récents événements en Egypte. Le numéro deux bancaire suisse n'a lui pas voulu commenter cette information, invoquant le secret bancaire, pas plus que les avocats des deux frères.
Un procès en Egypte
Alaa Moubarak, 50 ans, et Gamal Moubarak, 48 ans, sont les deux fils de l'ancien président Hosni Moubarak et de son épouse Suzanne. En Egypte, ils sont accusés d'avoir construit illégalement leur fortune en s'appuyant sur la position de leur père.
Ils sont en détention provisoire depuis 18 mois. Les deux frères ont été acquittés en juin 2012 au terme du premier procès, mais le procureur a formulé de nouvelles accusations et un second procès débute le 13 janvier. Leurs biens ont été saisis, notamment une dizaine de villas et appartements, des voitures et diverses participations financières.
"Le seul but est de les maintenir en détention", dénonce leur avocat Lionel Halpérin dans "Le Matin Dimanche". A ses yeux, ce ne sont que des hommes d'affaires actifs dans la finance et aucune preuve de transaction frauduleuse n'a été produite.
Une procédure en Suisse
En Suisse, Alaa et Gamal Moubarak sont sous le coup d'une procédure pénale du Ministère public de la Confédération pour blanchiment d'argent et participation à une organisation terroriste. Les analyses effectuées en Suisse laissent clairement apparaître des schémas de corruption parmi les 14 dignitaires égyptiens prévenus en Suisse et 28 de leurs proches.
Toutefois, selon leur avocat, "rien ne permet de penser" que les fonds gelés en Suisse sont de provenance douteuse et le Ministère public suisse n'enquêterait pas s'ils n'étaient pas les fils de leur père.
Répondant à deux des trois demandes d'entraides judiciaires déposées par l'Egypte en 2011, le MPC a analysé quelque 140 bancaires de proches de Hosni Moubarak et les transactions effectuées depuis une dizaine d'années. Ce travail est sur le point d'être achevé.
boi
0 comments:
Enregistrer un commentaire