mercredi 19 décembre 2012

Les élus se déchaînent contre les dérapages d'UBS

«Il faut qu'UBS arrête ses conneries», réagit le conseiller national UDC Jean-François Rime. Même exaspération de l'élue PS Ada Marra. Le président du PLR demande à UBS de réexaminer comment elle paie ses employés. Le PDC de Buman juge l'affaire «extrêmement grave». Les parlementaires de la puissante commission de l'Economie et des redevances à Berne voient rouge quand on leur parle d'UBS, (UBSN 15.47 1.44%) de la manipulation du taux Libor et de l'amende de 1,4 milliard de dollars que la banque devra verser aux autorités américaines.

«Je suis choqué», réagit à chaud Jean-François Rime, le conseiller national UDC. «Cela commence à bien faire avec UBS. Il faut que cette banque arrête les conneries.» L'élu fait allusion à la précédente condamnation d'UBS pour avoir activement aidé des Américains à frauder leur fisc.

Ce qui énerve particulièrement Jean-François Rime, c'est que les actions illégales d'UBS ont jeté la suspicion sur l'ensemble de la place financière suisse. «Je ne dis pas que nous n'aurions pas eu la discussion sur la problème de l'argent au noir sans UBS. Mais il y a une différence entre accepter passivement de l'argent en Suisse et violer la loi, en toute connaissance de cause, en allant démarcher les fraudeurs du fisc aux Etats-Unis.»

«Arrêtons de protéger les banques»

Autre sensibilité politique mais même exaspération. La conseillère nationale PS Ada Marra estime «injustifiable» le comportement d'UBS et tout à fait justifiée l'amende dont écope la banque. «Ce qui est inquiétant, c'est que la banque ne tire pas les leçons du passé puisqu'elle a déjà violé la loi aux Etats-Unis. »

La Vaudoise estime que la Suisse doit se réveiller et arrêter de donner trop de pouvoir aux banques. «Elles continuent à mener le bal et à influencer le Conseil fédéral sur la stratégie de l'argent propre. Elles freinent, freinent et freinent. Il faut arrêter dans ce pays de protéger les banques».

«Servir l'économie, pas se servir»

Philipp Müller, le président du PLR, se dit fâché par cette nouvelle affaire. «Elle est historique par les dimensions mondiales qu'elle a prise. Il est tout à fait juste que la banque doive payer une amende de 1,4 milliard.»

L'Argovien ne met pas en cause le management actuel d'UBS qui n'est pour rien dans ce dérapage. Mais il lui demande de changer de culture. «Il faut améliorer les contrôles internes et réexaminer comment les gens sont payés. Le profit à tout prix ne va plus. Il faut que les banques servent l'économie et pas elles-mêmes».

"Plus grave que l'aide à l'évasion fiscale"

Le conseiller national PDC Dominique de Buman estime «extrêmement grave» cette affaire. «Sans vouloir minimiser l'aide à l'évasion fiscale qu'UBS a pratiqué aux USA, la manipulation du Libor est encore plus grave. Car c'est un truquage du système bancaire. Il a eu pour conséquence de fausser et sous-estimer l'importance de la crise financière.»

Le Fribourgeois estime que la dérive d'UBS a commencé il y a une quinzaine d'années. «La banque a grandi trop vite et sous-estimé les exigences et les risques d'une telle expansion». Il espère que la banque, dont l'image est mauvaise, pourra corriger le tir en misant sur l'excellence, l'éthique et une politique de bonus raisonnable.

(Newsnet)

Créé: 19.12.2012, 10h46

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