lundi 3 décembre 2012

Président de la Confédération, spécialité suisse

L’Assemblée fédérale élira mercredi le président de la Confédération pour 2013. Sauf immense surprise, c’est Ueli Maurer qui sera élu. Éclairage sur cette fonction et les pires scores qui lui sont liés. Comme tous les deuxièmes mercredis de la session d’hiver des Chambres, l’Assemblée fédérale élit à bulletins secrets ce 5 décembre le président de la Confédération pour 2013. L’an prochain, c’est au tour du conseiller fédéral zurichois Ueli Maurer d’accéder à cette fonction. Les élus se choisiront également un vice-président dans la foulée, en principe le Neuchâtelois Didier Burkhalter, censé donc présider le pays en 2014.

Principe de l’ancienneté

La règle pour choisir un nouveau président est simple: elle implique que celui-ci ait siégé sous la présidence des collègues élus avant lui au gouvernement. Les conseillers fédéraux se succèdent ainsi à la tête de l’Etat selon le principe de l’ancienneté. Une tradition de rotation qui remonte aux années 1890.

Mais que fait au juste un président de la Confédération? Ni chef de gouvernement, ni président de la République, il se borne à diriger les délibérations du Conseil fédéral. Considéré comme «primus inter pares» (le premier parmi ses pairs), il n'est donc pas subordonné aux autres conseillers fédéraux. Son rôle est également d’assumer la représentation du gouvernement en Suisse et à l'étranger.

De 1848 à 1920, le président prenait généralement la tête de l'actuel Département des affaires étrangères, dont dépendait à l'époque le maintien de l'ordre en Suisse. Mais en 1920, ce département est dissocié de la fonction présidentielle et chaque ministre peut depuis être élu, quel que soit le département dont il a la charge, rappelle le Dictionnaire historique de la Suisse.

Une non-élection, du jamais vu

Ueli Maurer sera-t-il élu président de la Confédération mercredi ? En principe oui, malgré toutes les critiques auxquelles doit faire face le ministre de la Défense UDC. Une non-élection serait du jamais vu à Berne. Aucun membre du Conseil fédéral n’a en effet été écarté de cette fonction. Aucun ministre ne l’a jamais refusée non plus et aucun ne s’en est retiré volontairement.

En revanche, le conseiller fédéral zurichois pourrait essuyer la mauvaise humeur de l’Assemblée fédérale via le résultat du scrutin. Car l’élection des présidents de la Confédération constitue aussi une sorte de test de popularité et d’acceptation politique.

Le pire score à Micheline Calmy-Rey

Jusqu’à ce jour, c’est Micheline Calmy-Rey, élue à la présidence en décembre 2010, qui détient le record du plus mauvais score jamais enregistré depuis 1919. Fragilisée par sa gestion de la crise libyenne, la socialiste genevoise avait récolté 106 voix sur 189 bulletins valables.

Le pire score était détenu auparavant par le radical argovien Edmund Schulthess, élu en 1920 avec 136 voix, alors que l'Assemblée fédérale ne comptait que 233 membres, contre 246 aujourd'hui. A l’opposé, c’est le Soleurois Willy Ritschard et le Bâlois H.P.Tschudi qui ont été élus le plus brillamment avec 213 voix, respectivement en 1978 et en 1970, selon les statistiques de la Confédération. (Newsnet)

Créé: 03.12.2012, 15h21

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