C’est le troisième plus mauvais résultat en près de 50 ans après ceux de Micheline Calmy-Rey en 2010 et 2006 (106/147). A de rares exceptions près, les présidents ont été élus dans une fourchette allant de 150 à 180 voix. L’an dernier, Eveline Widmer-Schlumpf avait obtenu 174 voix.
La candidature d’Ueli Maurer était officiellement soutenue par tous les groupes parlementaires sauf les Verts. Des socialistes et des bourgeois romands laissaient entendre depuis des mois qu’ils exprimeraient leur mauvaise humeur envers le chef du Département de la défense et des sports pour son manque de collégialité.
Controversé
Le Zurichois est le premier UDC de la ligne dure à la tête du gouvernement. L’homme n’a pas manqué d’attirer les critiques dès ses débuts au Conseil fédéral, que ce soit pour sa gestion de l’avion de combat Gripen, ses propos hostiles à l’Union européenne, voire même aux accords bilatéraux ou sa loyauté sans faille à son parti.
Il avait d’ailleurs accédé au gouvernement en décembre 2008, en remplacement de Samuel Schmid, dans des circonstances tendues. Son élection s’était jouée sur le fil, puisqu’il avait été élu au troisième tour avec seulement une voix d’avance sur Hansjörg Walter (TG), ce dernier ayant pourtant averti qu’il refuserait d’accepter le poste en vertu de la clause d’exclusion du parti.
Ueli Maurer est le premier président de la Confédération UDC depuis 2005 et le 26e Zurichois à ce poste, une fonction qui respecte traditionnellement un tournus. Ce non-universitaire rompt la série de trois femmes à la tête de la Suisse, après les règnes de Mmes Calmy-Rey, Leuthard et Widmer-Schlumpf. Deal avec Burkhalter
Président de l’intérieur
Ueli Maurer sera un président de l’intérieur. En 2013, il confiera au vice-président élu, Didier Burkhalter, le soin d’entretenir les contacts de la Suisse à l’étranger.
Le président de la Confédération réduira ses voyages au strict nécessaire. Mais quand la présence du président sera expressément requise, il «se déplacera volontiers pour représenter la Suisse», a- t-il confié à la radio publique alémanique DRS.
Ueli Maurer et Didier Burkhalter ont convenu de cette formule afin de contourner l’inconvénient que représente un changement de président chaque année pour le suivi des contacts avec l’étranger. Ainsi le ministre des affaires étrangères, qui devrait présider la Confédération en 2014, pourra soigner ses relations avec les autres pays.
Présidence suisse de l’OSCE
Cet accord entre les deux conseillers fédéraux convient très bien à Didier Burkhalter. Ce dernier juge positif de pouvoir bénéficier de quelques rendez-vous supplémentaires en 2013 déjà, avant tout dans l’optique de la présidence suisse de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Un Neuchâtelois en 2014
Le libéral-radical de 52 ans a été élu à la vice-présidence du Conseil fédéral par 205 voix sur 219 bulletins valables. Il s’agit là d’une «brillante élection», comme l’a déclaré la présidente de l’Assemblée fédérale Maya Graf. C’est le meilleur résultat à la vice- présidence du Conseil fédéral depuis le socialiste Willy Ritschard en 1976 (207 voix).
Entré en 2009 au gouvernement en remplacement du Valaisan Pascal Couchepin dont il a repris le Département de l’intérieur, il a passé aux affaires étrangères l’an dernier, à la suite du retrait de Micheline Calmy-Rey et du renouvellement du collège. Didier Burkhalter est le 13e Neuchâtelois à accéder à la vice-présidence, 23 ans après René Felber. (ats/Newsnet)
Créé: 05.12.2012, 10h27
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