«Il fallait anticiper»
En distribuant des flyers dans la rue, le Neuchâtelois fait campagne depuis hier en faveur de la loi sur l’aménagement du territoire soumise en votation le 3 mars prochain. Que dit-il aux deux propriétaires valaisans qui témoignaient hier dans «Le Matin» leur souci de perdre la valeur de leur terrain à bâtir? «Il fallait anticiper! Je comprends leur attachement à un héritage familial, mais comment un propriétaire peut-il imaginer conserver tous ses droits face à l’évolution démographique?» «Hypothéquer un terrain sans savoir si on pourra construire, c’est irresponsable. La terre ne peut pas constituer durablement un objet de spéculation», poursuit Fernand Cuche. Pour cet agriculteur, le Valais reçoit la nouvelle loi en pleine face parce que ce canton n’a mené aucune réflexion sur son territoire pendant vingt ans: «Les terrains constructibles situés en zone d’avalanches, j’espère bien qu’on va les déclasser!»
Concentrer les constructions pour éviter un mitage du territoire est un mouvement inéluctable aux yeux de l’écologiste. Mais selon cet ancien ministre redevenu militant, il y aura une exception valaisanne dans l’application de la loi: «Le calendrier de dézonage imposé aux communes sera rallongé pour éviter des situations dramatiques.»
Pourquoi le canton de Neuchâtel ne craint-il pas cette révision? «Chez nous, les crêtes et les rives sont protégées depuis longtemps», répond Fernand Cuche. Dans sa planification, Neuchâtel a concentré les zones constructibles le long des grands axes de communication.
«Le Valais est le seul canton opposé à cette révision», rappelle l’écologiste. A Neuchâtel, comme à Genève, Bâle-Ville et Thurgovie, les mesures envisagées par la révision ne sont pas nouvelles. «Nous avons fait des expériences positives», déclarait récemment Claude Nicati, successeur de Fernand Cuche au gouvernement, en évoquant la plus-value de 20% perçue sur le classement d’un terrain dans le but de financer des mesures d’aménagement.
Bientôt en Valais
«En Valais, on ne s’exprime pas à contre-courant du Rhône, mais jeunes ou retraités, beaucoup considèrent qu’on ne peut pas continuer comme ça. Le conseiller d’Etat Jean-Michel Cina ne veut pas non plus d’une zone industrielle qui va de Sierre à Martigny», estime Fernand Cuche, qui a prévu de mener campagne dans ce canton. (Le Matin)
Créé: 22.01.2013, 05h53
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