Alain Berset: C’est tout d’abord une stratégie. Le Conseil fédéral dit voilà où nous sommes aujourd’hui, voilà où nous voulons aller. Nous ciblons les défis qui nous attendent lors des dix prochaines années. Ensuite il y a des mesures concrètes, certaines sont déjà en vigueur, d’autres sont déjà devant le parlement, et d’autres encore en préparation devant le Conseil fédéral.
Dans le domaine de la santé, il n’est pas possible étant donné le nombre très élevé d’acteurs, avec un calendrier différent pour chacun et des niveaux d’action différents, de pouvoir tout faire à la fois. Par exemple, certaines choses doivent être résolues par la Confédération, d’autres en collaboration par les cantons.
Vous évoquez comme leitmotiv la simplification des primes d'assurance-maladie!
Nous avons aujourd’hui un système très peu transparent. Dans lequel il est difficile de se retrouver. Il y a 287'000 catégories de primes: cela montre bien que nous avons un problème. Nous souhaitons simplifier ce système. Parce que la transparence et la simplification ne peuvent être qu’au bénéfice des gens qui payent des primes et qui ont envie de savoir dans quel système ils évoluent.
Et comment le simplifier?
En réduisant le nombre de modèles. En simplifiant aussi les franchises. Voilà les pistes prioritaires.
Vous insistez aussi sur le surcoût généré par le transfert entre les domaines hospitalier et ambulatoire?
Le problème que nous avons depuis 10 ans est que les primes maladie augmentent plus vite que les coûts de la santé. On se demande pourquoi? Simplement parce qu’il y a un transfert des hôpitaux vers le domaine ambulatoire, les cabinets médicaux. Et dans ce cas, les prestations sont payées à 100% par les primes. Alors que dans les hôpitaux une partie est payée par les cantons. Il doit y avoir un moyen pragmatique avec les cantons de stabiliser cette évolution. Ce serait mon objectif, à l’avenir, que les primes que payent les gens n’évoluent pas plus vite que les primes payées.
Le document met en exergue un chiffre saisissant: des prestations actuelles de qualité pourraient être fournies à un coût réduit de 20% (soit 5,2 milliards pour 2011). Comment est-ce possible qu’il y a autant de déperdition?
Il y a beaucoup de doublons aujourd’hui. On doit viser une plus grande efficience de notre système de santé. La meilleure qualité possible à un coût raisonnable est mon objectif. Il y a aujourd’hui des endroits où l’on peut faire mieux en améliorant la coordination des prestations, avec une meilleure communication entre les prestataires. Quel est le potentiel d’économies que l’on peut atteindre? C’est encore à voir, mais la discussion doit être menée. (Newsnet)
Créé: 23.01.2013, 16h53
0 comments:
Enregistrer un commentaire