mercredi 16 janvier 2013

Le RER Genève-Saint-Gall torpillé à Berne

Le PLR veut relier Genève à Saint-Gall tous les quarts d'heure en 2040. A droite comme à gauche, on oscille entre la perplexité, la critique acerbe et la fin de non recevoir pour un projet jugé irréaliste. Le projet de RER national présenté hier par la direction suisse du PLR ne suscite pas l'enthousiasme des autres partis. Ils oscillent entre la perplexité, la critique acerbe et la fin de non recevoir pour un projet jugé irréaliste.

Rappelons que le PLR propose de relier Genève à Saint-Gall tous les quarts d'heure en 2040. Pour cela, il faudra construire de nouvelles voies, notamment entre Genève et Lausanne. Le PLR insiste aussi sur le fait qu'un maximum de trains doivent rouler à 160 km/heures entre les villes suisses. Le parti n'a pas chiffré les coûts de son projet mais le compare aux travaux des NLFA dont la facture tourne autour des 25 milliards.

Pas sérieux

La réaction la plus dure, on la trouve du côté de l'UDC. «C'est une proposition fantaisiste», lâche le Soleurois Walter Wobmann, membre de la commission des transports du Conseil national.

«Nous ne pourrons pas la financer. Nous avons déjà des problèmes pour payer l'amélioration de ce qui existe. Je suis un élu pragmatique et je n'apprécie pas trop cette manière non sérieuse de faire de la politique».

«Un fumigène pour masquer leurs divisions»

A gauche, où l'on défend bec et ongles tous les crédits en faveur du rail, on se gratte la tête. «Cette conférence de presse du PLR était complètement hors sujet», estime le conseiller national vaudois Roger Nordmann.

«C'est un fumigène pour masquer leurs divisions sur les crédits ferroviaires actuellement en discussion au Parlement. On ne sait toujours pas si le PLR va voter la variante à 3,5 milliards ou celle à 6,1 milliards comme nous le préconisons, notamment pour assurer l'agrandissement de la gare de Genève et la modernisation du tronçon Lausanne-Berne».

La charrue avant les boeufs

Le conseiller national genevois Luc Barthassat trouve aussi qu'on met la charrue avant les boeufs. «Le projet PLR, c'est Byzance. Mais quand je vois la peine que nous avons pour convaincre nos amis suisses-allemands du bien-fondé des crédits ferroviaires en faveur de la Suisse romande, je me dis que le projet est utopique.»

Et d'ajouter: «il faut y aller par étape. Notre priorité doit être de mieux relier l'aéroport de Cointrin à toute la Suisse romande. Dans l'immédiat, je me demande si le PLR soutiendra la hausse de la TVA pour le développement des infrastructures».

ATE sarcastique

L'association des transports et de l'environnement a également la dent dure. Elle a réagi comme suit sur les réseaux sociaux: «Le PLR veut mener une politique des transports selon le principe de l'arrosoir, où on donne toujours plus à tout le monde. Et en plus, ce parti disserte sur l'environnement. » (Newsnet)

Créé: 16.01.2013, 12h28

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