Mais quels intrus? Car force est de constater qu’il n’y a plus l’ombre d’un casseur encagoulé, ni même d’une banderole anticapitaliste ou anarchiste. Les élites politiques et économiques internationales répondent pourtant toujours présentes. Même dans les autres villes du pays, où la contestation s’était déplacée, l’indifférence règne. «La baisse d’enthousiasme des militants peut s’expliquer par la grande morosité économique ambiante, la peur pour son quotidien, pour son travail», tente Florence Proton, secrétaire générale d’Attac Suisse jusqu’en 2011, avant d’évoquer la «très forte répression policière» des dernières années. «Quand on reste des heures dans la neige à Landquart (ndlr: à 40 km de Davos), bloqués par des cordons policiers, on n’a pas forcément envie de le revivre l’année d’après. C’est une expérience très traumatisante, qui décourage et ne donne aucune envie de recommencer.»
«Nous avons toujours cherché le dialogue avec les militants», rétorque Thomas Hobi, chef de la communication à la police cantonale grisonne, qui dit apprécier le calme de cette 43e édition du WEF. «C’est agréable.»
«La société civile n’est pas épuisée, elle est même plus vivante que jamais!» prévient le sociologue genevois et altermondialiste historique Jean Ziegler, 78 ans. «Ce sont les causes qui ont changé, la principale étant devenue la lutte contre la spéculation boursière sur les aliments de base.» L’ancien rapporteur auprès de l’ONU sur le droit à l’alimentation admet en revanche que la contestation anti-Davos est «morte». «Le WEF n’intéresse plus personne. La mobilisation était nécessaire aussi longtemps que les masques des maîtres du monde étaient intacts. Mais avec la crise économique et les scandales financiers, les masques sont tombés. Le travail est fait.» (Le Matin)
Créé: 23.01.2013, 06h01
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