«Si UBS paie à nouveau en 2017, il restera encore quelque chose...», dit-il mercredi dans un interview accordée au Tages-Anzeiger. Autrement dit, la ville des bords de la Limmat n'aura pas totalement épuisé son matelas financier.
400 millions de moins depuis 2008
La différence ne viendra pas forcément de Credit Suisse. (CSGN 27 0.90%) L'autre grand contributeur de la place financière zurichoise devrait certes verser à nouveau des impôts sur ses bénéfices à partir de 2014. «Mais à doses homéopathiques», précise Martin Vollenwyder.
Zurich a certes d'autres contributeurs et d'autres sources de revenus. Les recettes que la ville tire de l'impôt sur les gains immobiliers par exemple, sont passées de 76 millions de francs en 2003 à 138 millions l'an dernier.
Les nouvelles recettes ne compensent pas toutefois le manque à gagner de 400 millions que représentent les grandes banques depuis 2008. Il est donc clair que la ville devra continuer à puiser dans ses réserves.
Genève aussi
Autre grand pôle de la finance helvétique, la place de Genève devrait être confrontée au même phénomène. Même si la contribution directe des grandes banques y est moins importante qu'à Zurich, UBS et Credit Suisse restent de grands employeurs et assurent aujourd’hui encore 3000 des quelque 20'000 emplois du secteur, note Steve Bernard, directeur de Genève Place Financière.
Selon les chiffres officiels (OCSAT), cités en septembre dans une motion adressée au Grand Conseil, la contribution du secteur financier aux recettes fiscales genevoises s'est élevée à 432,6 millions de francs en 2008, pour le canton et les communes. Ce qui correspond à 31% des recettes perçues au titre de « l’impôt courant» sur des personnes morales.
Au niveau de la seule Ville de Genève, les recettes fiscales tirées des personnes morales représentent 150 millions de francs, soit 12,5% du budget, de 1,2 milliard de francs. Cela peut paraître relativement modeste. Mais ce chiffre n'inclut pas les banquiers privés et leurs établissements.
«Le message que nous avons et que les élus eux-mêmes reconnaissent, c'est que le secteur financier contribuera moins, ces prochaines années, aux recettes de l'Etat», confirme Steve Bernard. La raison en est simple: «le contexte est difficile et certains établissements affichent des résultats en baisse, voire négatifs».
Enjeu politique
A Genève comme à Zurich, de nouveaux défis devront être relevés pour équilibrer les budgets et les recettes fiscales. Au recul du volume des impôts encaissés auprès des établissements financiers et de leurs employés viendra s'ajouter l'impact des requêtes lancées, à l'échelon politique, en vue de réduire la charge fiscale des entreprises.
Les débats devraient être à la mesure des enjeux, notamment autour de la suppression de la «taxe professionnelle communale» (TPC). Moins sensible à l'évolution des revenus des entreprises, cette taxe assure 120 millions de recettes à la ville. Or, pour les deux tiers, la TPC est encaissée auprès d'entreprises et de professionnels actifs dans la finance.
De même, l'adoption d'un taux d'imposition unique pour les entreprises pourrait donner lieu à des échanges nourris. Selon une source proche du dossier, ce projet, s'il est adopté, entraînera un recul supplémentaire de quelque 60 millions de francs des recettes de la Ville de Genève. (Newsnet)
Créé: 07.02.2013, 07h45
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