Pris entre deux feux
«Tout le monde est d’accord pour dire que c’est un énorme gaspillage», admet Daniel Oester, de l’Armée du Salut suisse, qui n’a pas été contactée pour reprendre cette nourriture. Didier Bourqui, directeur de la branche lausannoise de l’institution, estime que les produits à base de viande sont très délicats à reprendre. «Nous sommes tenus de respecter des normes très strictes, notamment en matière de traçabilité et de chaîne du froid. Nous devons avoir des garanties.» De plus, la portée politique de ces scandales de viande rend la situation délicate. Certaines personnes estiment ainsi être prises entre deux feux, comme ce responsable qui pense que s’il acceptait la nourriture, on lui dirait qu’on ne peut pas donner n’importe quoi aux personnes nécessiteuses et que s’il la refusait, on lui reprocherait de participer au gâchis.
«On y aurait réfléchi»
Caritas n’a pas été sollicitée non plus. «Ce gaspillage, c’est dommage. Si on nous avait proposé ces denrées, on y aurait réfléchi, explique Rolf Maurer, directeur de la coopérative des Epiceries Caritas. Nous aurions évidemment fait des vérifications sur la nourriture. Et si nous l’avions acceptée, nous aurions clairement indiqué dans nos magasins qu’il s’agit de viande de cheval. Les clients auraient ainsi pu faire le choix de la consommer ou non.»
Seul happy end porté à notre attention: la viande séchée de cheval retirée samedi dernier des magasins Volg sera redistribuée à l’association caritative alémanique Tischlein deck dich. «Les emballages arriveront tous dans notre centrale d’ici à mercredi. A ce moment-là, l’association viendra les récupérer», a confié Tamara Scheibli. Une lueur d’espoir au milieu de tout ce gaspillage.
Créé: 23.02.2013, 09h38
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