La société bernoise reprend ainsi les rênes de la centrale. Si elle désire l'exploiter encore après 2017, il lui faudra toutefois entreprendre d'importants travaux de rééquipement. Les investissements devraient s'élever à plusieurs centaines de millions de francs. Le conseil d'administration se déterminera d'ici la fin de l'année sur la rentabilité de ces travaux.
Les FMB s'en tiennent à leur stratégie, ont assuré ses dirigeants devant les médias, à savoir sortir de l'atome et s'orienter davantage vers les énergies renouvelables. La décision du TF n'est pas un blanc-seing pour l'énergie atomique et la fermeture de la centrale doit se réaliser avec succès, que ce soit en 2017, en 2022 comme prévu jusqu'ici ou plus tard.
Elle aurait dû fermer en juin
Le TF a annulé un verdict du Tribunal administratif fédéral (TAF), qui avait fixé l'expiration de l'autorisation d'exploitation limitée au 28 juin prochain. Les FMB obtiennent donc gain de cause sur toute la ligne. Les magistrats ont relevé que la sécurité était suffisamment assurée par le biais de la surveillance de l'Inspection fédérale de la sécurité nucléaire (IFSN).
En 2009, le Département fédéral de l'énergie (DETEC) était du même avis et avait émis une autorisation d'exploitation illimitée. Les opposants au nucléaire avaient combattu cette décision et remporté un demi-succès: le TAF avait exigé une clarification des questions sécuritaires pour la mi-2013 et une consultation du DETEC.
Doris Leuthard satisfaite
«Nous sommes contents que tout soit à présent clarifié», a déclaré publiquement jeudi Doris Leuthard. Pour la conseillère fédérale, c'est aux FMB d'assurer la sécurité du site. Elle a dit sa satisfaction que son département ne se voie pas attribuer un mandat de surveillance.
La ministre de l'énergie a rappelé que l'IFSN a déjà fait savoir que des mesures devaient être prises à Mühleberg. Les exploitants peuvent toutefois s'abstenir d'investir et débrancher la centrale. «La balle est dans le camp des FMB», a affirmé Mme Leuthard.
Le combat continue
Les opposants au nucléaire n'ont pas caché leur déception et leur stupéfaction après la décision du TF. «L'IFSN devient un dieu tout-puissant comme l'église catholique au Moyen-Age. Le TF a pris sa décision sans prendre en compte son manque d'indépendance», écrivent-ils.
Organisations anti-nucléaires et partis de gauche estiment que l'installation est aujourd'hui en piteux état et qu'il serait plus judicieux d'investir des moyens dans la transition énergétique. Quels que soient les travaux prévus, la centrale ne pourra jamais correspondre aux standards de sécurité, souligne Greenpeace.
Le feuilleton de la centrale, en fonction depuis 1971, n'est pas terminé. Les opposants veulent poursuivre le combat. Ils usent de la voie juridique pour pousser l'IFSN à une attitude plus stricte en ce qui concerne le danger de crue et de la voie politique dans le cadre de l'initiative bernoise demandant l'arrêt de Mühleberg. Les citoyens bernois se prononceront vraisemblablement en 2014. (ats/Newsnet)
Créé: 29.03.2013, 14h30
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