jeudi 28 mars 2013

Doctorats de complaisance chez Christoph Mörgeli

Le bouillant conseiller national UDC, par ailleurs professeur d'histoire de la médecine, est accusé d'avoir décerné des titres prestigieux à ses étudiants pour de simples traductions de textes anciens.Le politicien zurichois Christoph Mörgeli (UDC) est une nouvelle fois épinglé pour ses activités au sein de l’Uni de Zurich. L’émission «Rundschau» de la télévision publique alémanique a levé le voile, hier, sur les conditions douteuses d’attribution de doctorats. Une douzaine de thèses, sur les 60 qu’il a supervisées de 1994 à 2012, auraient été validées de manière plutôt complaisante. Pour les doctorants, il suffisait de traduire des textes en vieil allemand issus des archives de l’Institut d’histoire de la médecine. Dans la plupart des cas, quelques pages seulement étaient consacrées à un commentaire des textes anciens.

Craintes de représailles

«Le Dr Mörgeli m'a donné un texte ancien. J'ai seulement cherché un traducteur qui en a recopié l'intégralité. Chez Christoph Mörgeli, on reçoit un titre de docteur pour ça», a raconté un médecin, ancien élève du tribun de l’UDC, à la SRF. L’homme a témoigné anonymement, par crainte de représailles.

Michelle Bergadaà, une spécialiste des plagiats à l’Université de Genève s’est dite «choquée» par les thèses qu’elle a pu consulter: «Je ne comprends pas comment un professeur et une université peuvent valider de tels travaux.» Elle suggère d'ouvrir une commission d'experts, et au besoin de retirer des doctorats. Des universitaires de Bâle et de Berne ont confirmé que ces traductions ne méritaient pas un tel titre.

Cabale politique

Christoph Mörgeli a rejeté ces accusations, tout en refusant de répondre à la SRF. A l'été 2012, le remuant Zurichois avait été licencié de son poste de conservateur du Musée d'histoire de la médecine pour «rupture des relations de confiance». Mörgeli avait été mal noté pour son travail de conservateur et ses prestations scientifiques. Le résultat d’une cabale politique contre sa personne, selon lui. L’universitaire de 52 ans a toutefois gardé le titre de professeur à la Faculté de médecine.

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