jeudi 7 mars 2013

Erwin Sperisen, écroué à Genève, est attaqué par la mère d’une victime

07.03.2013 16:13 Double national suisse-guatémaltèque, Erwin Sperisen a dirigé la police du Guatemala entre 2004 et 2007. [Moises Castillo - Keystone]Double national suisse-guatémaltèque, Erwin Sperisen a dirigé la police du Guatemala entre 2004 et 2007. [Moises Castillo - Keystone]
L'ancien chef de la police nationale du Guatemala, Erwin Sperisen, écroué à Genève et soupçonné d’exécutions extrajudiciaires, est sous le coup d'une plainte pour assassinat déposée par la mère de l'une des victimes des forces de police dirigées par ce suisso-guatémaltèque, a appris la RTS.

Le dossier d'Erwin Sperisen connaît un nouveau développement, annonce la RTS. Vendredi dernier, une femme dont l’identité demeure secrète pour des raisons de sécurité a déposé plainte pour assassinat contre l’ancien chef de la police du Guatemala, soupçonné d’exécutions extrajudiciaires lors de l'assaut de la prison de Pavón en 2006.

Cette femme a pu entamer ses démarches en Suisse grâce à l’aide de l’association TRIAL. Une organisation basée à Genève, fer de lance des dénonciateurs d'Erwin Sperisen et qui enquête sur ce dossier depuis maintenant près de cinq ans.

"Cette mère a beaucoup souffert de la perte de son fils, alors détenu à la prison de Pavón. C’est une femme âgée mais qui a pris son courage à deux mains et a décidé de réclamer justice. Maintenant elle s'inscrit dans la procédure comme partie plaignante. Elle va pouvoir faire valoir ses droits", explique Bénédict De Moerloose, avocat chez TRIAL et qui a rencontré cette femme sur place, au Guatemala.

Elle pourrait bientôt venir témoigner devant le procureur Yves Bertossa, en charge de l’instruction pénale dirigée contre Erwin Sperisen.  

Une demi-douzaine de témoins à Genève

Depuis ce lundi, d’autres témoins se succèdent au Parquet de Genève. Comme le révèle la RTS, il s’agit notamment de Christian Ulate Durán, un avocat et enquêteur de la CICIG, la Commission internationale contre l’impunité au Guatemala instaurée par les Nations Unies fin 2006.

La CICIG a ouvert une enquête contre Erwin Sperisen et 18 autres responsables. Elle leur reproche d’avoir mis en place un système qui a mené à des meurtres et des exécutions extrajudiciaires. Parmi ces témoins venus à Genève, plusieurs bénéficient d’un programme spécial de protection de la CICIG.

Ancien détenu à la barre

Devant le procureur Yves Bertossa, ils sont venus expliquer le rôle qu'aurait tenu Erwin Sperisen lorsqu'il était le chef de la Police nationale du Guatemala entre juillet 2004 et mars 2007. En particulier lors de l'assaut de la prison de Pavón en 2006 qui a fait sept morts, tous assassinés selon TRIAL et Amnesty International.

Au rang des témoins entendus à Genève figurent notamment un ancien détenu de cette prison à l’époque des faits ainsi qu'un ex-haut-gradé qui a collaboré à l'établissement d’une liste de prisonniers à abattre au moment de l’opération de Pavón.

Contacté par la RTS, le Parquet de Genève confirme avoir entendu plusieurs témoins cette semaine, mais à ce stade il ne souhaite pas faire plus de commentaire.

Yves Steiner et Anne-Frédérique Widmann




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