jeudi 7 mars 2013

Pourquoi les Verts ont dit non au vote électronique

Les sénateurs Robert Cramer et Luc Recordon ont plaidé contre l'arrivée des boutons électroniques au Conseil des Etats, contrairement aux autres élus de gauche. Rompant avec des décennies de tradition, le Conseil des Etats va passer aux boutons électroniques pour les votes. La revendication de l'UDC This Jenny (GL) a été acceptée en fin de matinée avec l'appui de la gauche.

Surprise, les Verts refusent ce changement, contrairement aux socialistes. Les deux élus écologistes de la Chambre des cantons, Luc Recordon (VD) et Robert Cramer (GE) ont même fait des interventions remarquées.

Recordon se méfie de la technique

Les votes à mains levées génèrent des erreurs? Qu'à cela ne tienne, lance Luc Recordon: «Ce n'est pas parce que mon premier métier a été celui d'ingénieur physicien... ou c'est peut-être justement parce qu'il a été celui-là... que je n'ai pas une foi infinie dans la technique», dit le Vaudois.

Les pannes électroniques ou les manipulations de résultats sont imaginables, selon Luc Recordon: «Au moins, lorsqu'il y a des contestations avec les scrutateurs, on peut en débattre et au pire, répéter le vote.»

Cramer pour la liberté

Robert Cramer regrette surtout de voir disparaître une singularité de la Chambre des cantons. «Avec le temps nous irons peut-être aller siéger dans la salle du Conseil national?» s'est amusé le Genevois au cours d'une vibrante intervention.

La transparence aura des effets délétères selon lui, dont celui de rogner la liberté des élus: «Aujourd'hui déjà, j'en suis convaincu, un certain nombre d'entre nous ne votent pas conformément à ce qu'ils pensent, mais conformément à ce que pense leur groupe, respectivement à ce qu'ils estiment que l'on attend d'eux. Je vous en prie, chers collègues, retrouvez votre liberté!»

Deux personnalités

Les élus socialistes revendiquaient depuis depuis longtemps une plus grande transparence des votes au Conseil des Etats.

Géraldine Savary (PS/VD) n'est pas surprise du non écologistes: «Je comprend que mes collègues mettent l'accent sur la liberté. Plutôt que d'y voir un vote conservateur, je l'entends comme les voix de deux élus aux personnalités fortes. Et je comprends aussi qu'on puisse s'opposer à une revendication de l'UDC, qui traitait les Etats de chambre noire.»

«La douceur des lampes à huile»

Le dossier est clos, constate le président des Etats, Filippo Lombardi (PDC/TI), après le vote. Il cite alors le général De Gaulle à l'attention des deux élus Verts: «On peut regretter la douceur des lampes à huile - collègue Cramer -, la splendeur de la marine à voile - collègue Recordon -, le charme du temps des équipages. Mais quoi? Il n'y a pas de politique qui vaille en dehors des réalités.» (Newsnet)

Créé: 07.03.2013, 16h26

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