samedi 2 mars 2013

Ras le bol de payer trop!

Jamais les Suisses ne se sont autant plaints. Le Surveillant des prix a encore du pain sur la planche. Pas moins de 2796 plaintes ont été adressées à Stefan Meierhans l’an dernier. C’est un nouveau record pour Monsieur Prix, après le pic connu déjà en 2011. Le mécontentement vis-à-vis de l’îlot de cherté helvétique est tel que les doléances ont été multipliées par trois en 10 ans. Aux yeux de Stefan Meierhans, «cette insatisfaction générale résulte d’une série de décisions hostiles vis-à-vis du consommateur». Il cite par exemple la Poste, cible No 1 des doléances, qui a rendu payantes les procurations. «Ce choix du géant jaune a fait beaucoup réagir.» Une autre affaire a aussi créé l’émotion au sein de la population: «La grande campagne publicitaire menée en France par Free avec une offre à 50 francs, alors que l’équivalent coûtait à l’époque plus de 100 francs en Suisse», explique Stefan Meierhans. Le Surveillant des prix relève que la comparaison avec l’étranger fait mal. Et ces différences de traitement sont très mal perçues par les Suisses.

Accords à l’amiable

Stefan Meierhans peut se vanter d’un certain nombre de succès: jamais autant d’accords à l’amiable n’avaient encore été conclus jusqu’ici. «Ces douze règlements permettent pas à pas d’infléchir la tendance», avance-t-il. Ainsi, des discussions avec l’Union des transports publics ont mené à des économies de 34 millions pour les clients du rail ces deux prochaines années (les hausses de tarifs qui étaient prévues à l’origine étaient plus importantes que celles adoptées en décembre dernier).

En revanche, les négociations avec la Poste – qui fait pourtant l’objet d’une plainte sur cinq – ont échoué. Le géant jaune se montre inflexible: «Nous considérons que nos prix sont conformes au marché. Nous rejetons toute exigence de baisses, répond Mariano Masserini, son porte-parole. Celles-ci mettraient en danger à moyen terme le financement autonome de nos prestations de base.» Le Surveillant des Prix vient donc de lancer une procédure formelle. «Je vais réexaminer la situation comme le veut la loi, et ensuite, je pourrai fixer moi-même les prix pour les prestations dont les tarifs me semblent abusifs. C’est la première fois que j’utilise cet instrument», fait remarquer Stefan Meierhans. Sa démarche devrait aboutir en automne. Mais ces nouveaux tarifs pourraient encore être contestés par la Poste devant le Tribunal administratif fédéral.

Outre ce dossier, la santé restera cette année l’une des principales préoccupations de Monsieur Prix. Stefan Meierhans souhaite aussi améliorer la compétitivité de la Suisse. L’hôtellerie, la gastronomie ou encore des domaines tournés vers l’exportation comme la métallurgie seront concernés.

Le Surveillant des prix déplore tout de même «l’incohérence des politiques qui se plaignent de la cherté et qui ne votent pas les décisions adéquates». (Le Matin)

Créé: 02.03.2013, 08h48

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