samedi 13 avril 2013

«La Suisse n’est pas dans la même situation que le Luxembourg»

Le monde politique se fait à l’idée d’enterrer son secret bancaire. Dans une interview exclusive accordée au «Matin Dimanche», le président de l’Association suisse des banquiers Patrick Odier explique pourquoi, selon les banques sises en Suisse, l’échange automatique de renseignements, qui gagne toute l’Europe, «n’est pas la meilleure option. Elles plaident depuis longtemps en faveur d’une stratégie de l’argent propre visant à accepter, à l’avenir, uniquement des avoirs fiscalement conformes».

Selon lui, le système de l’impôt libératoire à la source, dit Rubik, est un «système équivalent à l’échange automatique d’informations, puisqu’il couvre tous les revenus issus des avoirs déposés en Suisse», offrant une solution pour le passé ainsi que pour l’avenir, avec le prélèvement d’un impôt équivalent à celui du pays concerné.

Patrick Odier se laisse donc peu impressionner par la récente adoption, pour 2015, de l’échange automatique. La Suisse, contrairement au Luxembourg, n’est pas membre de l’UE et, à ce titre, Bruxelles ne peut juridiquement exiger de sa part que des mesures équivalentes. Le président de l’ASB en appelle donc à des négociations serrées, où la Confédération ferait davantage entendre sa voix. La digue lâche certes en Europe, mais la Suisse, croit-il, a largement les moyens de résister.

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Créé: 13.04.2013, 23h00

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